Politique


27 mars 2011

Quel est le Statut institutionnel et juridique de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR) du lugubre sieur Yotroféï MASSINA au TOGO ?

Par K. Kofi FOLIKPO

La récente arrestation des sieurs Bertin Agba et Jean-Pierre Gbikpi-Benissan avec leur entourage familial sous le motif d’Escroquerie par le minable ‘colonel’ de pacotille Yotroféï MASSINA permet de relancer le Débat citoyen, non plus sur la situation évidente d’Etat de non-droit qui a toujours gangrené la société togolaise croupissant sous la mafia de Gnassingbé-père-et-fils depuis des décennies, mais plutôt sur la Nécessité d’éduquer les Citoyennes et les Citoyens au sujet de la Séparation des Pouvoirs et au sujet des Mécanismes de Pouvoirs et de Contre-Pouvoirs dans toute Société humaine normale.

Car toute Oppression ne se nourrit pas seulement de la Peur, du Silence et de l’Inaction comme on nous l’a toujours fait croire, mais aussi et surtout de l’Ignorance des Citoyennes et des Citoyens au sujet de leurs Droits et Prérogatives, au sujet de leurs Droits et Prérogatives,, au sujet de chaque Institution dans la Société et au sujet des limites de chaque Institution et de chaque Citoyen dans leurs Actions au de la Société.

Un Citoyen sans Formation Civique adéquate et sans Information utile sur sa Société est une Bombe à Retardement et un Couteau à Double Tranchant.

Cet Article qui ne veut nullement plaider pour les Interpellés vise donc à éclairer les uns et les autres sur certaines notions élémentaires du Droit civique inaliénable de tout Citoyen.

1. L’Agence Nationale des Renseignements du TOGO sous Faure Essozimna Kodzo GNASSINGBÉ : Une Police politique ? Une Police criminelle ? Une Police Judiciaire ? Un Service d’Espionnage et de Contre Espionnage ?

J’ai connu entre Août et Septembre 2010 le Sergent TELOU Dadja François des Forces Armées Togolaises (FAT) dans ma Cellule de Détention à la Prison Civile de Lomé. Il a été arrêté ensemble avec trois autres de ses Frères d’Armes en Décembre 2009 à l’Aéroport de Lomé où ils étaient en Faction, officiellement pour une Affaire rocambolesque et mensongère de « Vol d’Armes » et de « Trafic d’Armes avec le Ghana ». Ils ont été emprisonnés pendant plus de 6 Mois à l’Agence Nationale des Renseignements, régulièrement torturés par le minable ´colonel´ de pacotille Yotroféï MASSINA et ses sbires brutaux, puis jetés enfin à la Prison Civile de Lomé pour 4 Mois supplémentaires, sans Jugement et sans être passés devant un Tribunal Militaire. Ils ont été libérés en Octobre 2010 quelques semaines après ma Sortie de Prison, sans avoir été jugés.

J’ai connu entre Août et Septembre 2010 le Capitaine GNASSINGBE Dadja Epiphane des Forces Armées Togolaises à la Prison Civile de Lomé. Il a été arrêté quelques Mois plus tôt pour une Affaire rocambolesque de ´Trafic de Drogue´. Il a été emprisonné pendant plusieurs Mois à l’Agence Nationale des Renseignements, régulièrement torturé par le lugubre sieur Yotroféï MASSINA et ses sbires brutaux, puis jetés enfin à la Prison Civile de Lomé. Il s’y trouve toujours et ne sait pas quand un Procès aura lieu pour lui.

J’ai connu entre Août et Septembre 2010 le Journaliste Eugène ATTIGAN à la Prison Civile de Lomé. Il a été arrêté quelques semaines plus tôt pour une Affaire rocambolesque de « Trafic de Drogue ». Il a été d’abord emprisonné à l’Agence Nationale des Renseignements, régulièrement torturé par le lugubre sieur Yotroféï MASSINA et ses sbires brutaux, puis jeté enfin à la Prison Civile de Lomé où il attend toujours un Procès qui tarde à se pointer.

J’ai connu entre Août et Septembre 2010 l’Activiste RPiTeux MONTCHO du Ministère des Mines à la Prison Civile de Lomé. Il a été arrêté quelques Mois plus tôt lors d’un diner-traquenard au domicile du lugubre ´colonel´ de pacotille Atcha TITIKPINA pour une Affaire rocambolesque de ´Trafic d’Or et de Diamant´. Il a été emprisonné d’abord pendant plusieurs Mois à l’Agence Nationale des Renseignements, régulièrement torturé par le lugubre sieur Yotroféï MASSINA et ses sbires brutaux, puis jeté enfin à la Prison Civile de Lomé et a été libéré le même Jour que moi, sans Jugement comme ce fut mon Cas …

On peut aligner ici une longue Liste d’anciens « locataires involontaires » des Caves crasseuses des geôles du lugubre sieur Yotroféï MASSINA, une Liste qui viendrait s’ajouter à celle des présumés vrais faux ´comploteurs´ réunis autour du sieur Kpatcha GNASSINGBE et croupissant tous jusqu’aujourd’hui à l’Agence Nationale des Renseignements.

Mais la Remarque importante à faire est que la tristement célèbre Agence Nationale des Renseignements donne l’impression d’être bourrée d’Agents tellement ultra-compétents qu’elle prend l’allure d’une grosse machine polyvalente assumant à la fois des Fonctions policières, judiciaires, militaires et pénitentiaires. Elle semble pouvoir enquêter simultanément sur des Présomptions de Narcotrafic, sur des Présomptions d’Escroquerie et de Criminalité économique internationale, sur des Présomptions de Trafic illégal d’Armes de Guerre, sur des Présomptions d’Atteinte à la Sûreté de l’Etat et sur d’autres Crimes et Délits. Mais en même temps, elle semble si puissante pour déjouer tout Complot venant de l’Intérieur ou de l’Extérieur et susceptible de déstabiliser les Institutions de la République Togolaise. Elle semble disposer aussi d’un Parquet autonome dont le Procureur et les Juges d’Instruction peuvent rapidement inculper les personnes soupçonnées qui sont instantanément arrêtées sans Mandat d’Arrêt ou sans Mandat de Perquisition officiel et détenues de manière horrible pendant des Mois voire pendant des Années dans les Caves crasseuses et nauséabondes du sieur Yotroféï MASSINA.

En Bref, la tristement célèbre Agence Nationale des Renseignements du sale Pantin National attitré Faure Essozimna Kodzo GNASSINGBE et de son minable chien de chasse galeux Yotroféï MASSINA semble être à la fois la CIA américaine, le DEA américain et le FBI américain tous réunis flanqués d’un Parquet invisible pour les Inculpations instantanées et d’un Tribunal invisible pour les Procès très rapides. Du point de vue pénitentiaire, le lugubre sieur Yotroféï MASSINA semble trôner aussi tout seul à son Agence Nationale des Renseignements en « qualité » de Chef de Prison, de Régisseur de Prison et de Geôlier réunis en une seule personne …

Mes Investigations journalistiques sur les Forces Armées Togolaises et sur la Police Togolaise m’ont fait apprendre l’existence de la BRI (Brigade de Recherches et d’Investigations), de la BAC (Brigade Anti-Criminalité, communément appelée Brigade Anti-Gang) et du SRI (Service de Recherches et d’Investigations) qui seraient les Piliers des Services Secrets Togolais. C’est durant ma récente Arrestation à Lomé en 2010 que j’ai compris que tout cela n’existe que de nom et que tous ces zouaves dont la plupart sont à peine lettrés baignent dans un chaos infernal et dans une Incompétence dégoûtante. Si le ‘capitaine’ de Gendarmerie Akakpo du SRI où j’étais détenu pendant 3 Jours en Août 2010 avant d’être déféré à la Prison de Lomé doit être le « supérieur hiérarchique » du ‘commandant’ de Gendarmerie Kondi qu’il envoie comme un vulgaire laquais affronter les Manifestants dans les rues de Lomé (et non l’inverse !) pendant que lui-même négocie avec les Narcotrafiquants étrangers sur les Millions de Franc CFA à empocher sans scrupules en vue d’étouffer une Affaire de Narcotrafic , on comprend aisément le Désordre infernal et le Trafic d’influence puant dans lesquels baignent toutes ces Structures étatiques dont la Vocation doit être en principe de veiller au respect des Lois et des Institutions par tous les Citoyens, y compris par les prétendus ‘gouvernants’.

L’Agence Nationale des Renseignements du nauséabond Pantin National attitré Faure Essozimna Kodzo GNASSINGBE et de son piteux chien galeux Yotroféï MASSINA n’est donc pas un Service des Renseignements digne du nom, mais plutôt une véritable Poubelle nauséabonde servant comme un vulgaire Epouvantail pour les pauvres Citoyens Togolais et comme un simple Trompe-Œil pour les Etrangers naïfs.

2. Quelques Mots sur le Fonctionnement normal des Services des Renseignements d’un Pays policé.

Les Services des Renseignements d’un Pays normal interviennent essentiellement dans Trois Domaines de Compétence clairement définis que sont :

• La Prévention de la Sécurité d’Etat au niveau intérieur et extérieur ;

• La Prévention et la Répression de la Criminalité au niveau international ;

• La Prévention et la Répression de la Criminalité et des Délits de Droit commun au niveau national.

La Prévention de la Sécurité d’Etat au niveau intérieur et extérieur porte par exemple sur les Complots d’Assassinats fomentés contre les Personnalités très importantes appartenant au Monde politique, économique, scientifique, culturel, sur les Complots d’Atteinte à l’Intégrité territoriale (Séparatisme par Rébellion, Annexion arbitraire par un Pays limitrophe, etc.), sur les Complots d’Invasion militaire venant d’un Pays ennemi, sur les Complots de Sabotage subversif des Edifices publics (Siège du Gouvernement, Siège du Parlement, Ambassades étrangères, Médias d’Etat, etc.)

La Prévention et la Répression de la Criminalité au niveau international portent par exemple sur la Pratique du Narcotrafic à l’échelle internationale, la Pratique du Blanchiment d’Argent à l’échelle internationale, la Pratique de la Contrefaçon et du Faux-Monnayage à l’échelle internationale, le Commerce avec des Etres Humains et d’Organes Humains à l’échelle internationale, le Terrorisme international, etc.

La Prévention et la Répression de la Criminalité, des Délits de Droit commun et des Infractions au niveau national portent par exemple sur l’Escroquerie, le Faux et l’Usage de Faux, l’Abus de Confiance, le Vol qualifié, le Vol à Main armée, les Vois de Fait, les Troubles à l’ordre public, le Proxénétisme, l’Homicide volontaire, etc.

Chacun de ces Trois Domaines de Compétence dispose en principe de ses Ressources Humaines qualifiées et travaille de façon autonome sans empiéter sur les Prérogatives des autres Domaines de Compétence et en observant scrupuleusement les Droits fondamentaux et civiques inaliénables des Citoyennes et des Citoyens.

Le Lecteur attentif peut remarquer au regard de tout ce qui vient d’être dit que l’Agence Nationale des Renseignements de Faure GNASSINGBÉ et de Yotroféï MASSINA ne fonctionne pas selon ce Principe de Séparation claire des Domaines de Compétence, mais fonctionne plutôt comme un Panier à Crabes, à Ecrevisses et à Langoustes en violant systématiquement les Droits civiques et humains les plus élémentaires des Citoyens Togolais. Une telle situation inadmissible provenant essentiellement de l’Incompétence professionnelle et du Manque de Scrupules est encore aggravée par l’Ignorance suicidaire dans laquelle végète la très grande Majorité des Citoyens Togolais sur leurs propres Droits fondamentaux inaliénables et sur les Limites que toute Institution doit scrupuleusement observer dans l’exercice de ses Tâches régaliennes au profit de l’ensemble de la Société.

Il est triste d’apprendre par exemple qu’un Litige banal concernant le non-paiement d’une Facture d’Electricité ou de Loyer à Lomé donne l’occasion à des zouaves de la Brigade Anti-Criminalité (BAC) de se transformer en Juge pour décider de faire emprisonner sans Scrupules un Propriétaire de Maison pendant plusieurs jours, parce que celui-ci a osé réclamer son Dû à une Locataire ayant un proche parent au sein de la Brigade Anti-Criminalité.

3. Ce que tout Citoyen doit savoir sur l’Application des Lois dans le Contexte d’un Etat de Droit.

L’esprit qui guide le mécanisme d’Application des Lois dans une Société normale repose sur un Principe triptyque très simple : Celui qui arrête quelqu’un au Nom de la Loi ne peut pas l’inculper ; celui qui inculpe quelqu’un au Nom de la Loi ne peut pas le juger ; celui qui juge quelqu’un au Nom de la Loi ne peut pas l’avoir arrêté.

En d’autres termes, un Officier de la Police Judiciaire ou de la Police Criminelle n’a pas le droit de se transformer en Juge d’Instruction ou en Procureur de la République ; un Juge d’Instruction ou un Procureur de la République n’a pas le droit de se transformer en Président d’un Tribunal pénal ou d’une Cour pénale ; le Président d’un Tribunal pénal ou d’une Cour pénale n’a pas le droit de se transformer en un Officier de la Police judiciaire ou de la Police Criminelle pour traquer au quotidien les éventuels Contrevenants aux Lois.

Cette Maxime semble être universelle, puisqu’elle est attestée également dans la Juridiction Africaine précoloniale. En Milieu Ewe précolonial et actuel par exemple, l’adage suivant a toujours guidé les actions judiciaires en faveur des Citoyennes et des Citoyens, quel que soit leur Rang social :

« Nyato me ku na Nya gome o ; Nyagomekuto me tso na Nya me o ; Nyatmetsoto me nye Nato o. »

(Le Plaignant ne peut pas être l’Inquisiteur ; l’Inquisiteur ne peut pas être le Juge ; le Juge ne peut pas se transformer en Plaignant.) Par ailleurs, il est bien connu depuis longtemps dans la Pratique du Droit moderne que des Aveux brutalement arrachés à un Présumé sous l’effet de la Torture (physique notamment) et d’autres Traitements inhumains ont très peu de chance d’avoir une Valeur juridique au cours d’un Procès.

Les Togolaises et les Togolais ont eu le grand Malheur depuis 1990 de connaître de piètres Démagogues politiques qui sont plus préoccupés par les Fauteuils présidentiels, ministériels, parlementaires, diplomatiques et autres, au lieu de donner une grande importance à la Formation civique des Citoyennes et des Citoyens militant dans leur Parti politique respectif.


Vous avez dit

1    2011-03-27 18:05:17   lawson188

  • Ce texte s apparente à un réglement de compte que rien. Mr Folikpo, vous avez beaucoup de chose à nous apprendre, je m attendais à lire le statut de l agence togolaise de renseignement, rien de tout cela à part quelques grossièreté. On peut s exprimer sans un seul mot d insulte, on peut faire passer des méssages avec coutoisie, dans le respect de l autre. J ai du mal à comprendre votre logique, vous voulez un état de droit au TOGO, vous êtes le prémier à applaudir la forfaiture de Laurent Koudou GBAGBO. La dictature dans les autres pays africains c est bien mais celle du Togo doit être combattue. Le jour où vous serez cohérent dans vos textes, vous serez crédible. La dictature partout en Afrique doit être combattue, l arbitraire partout en Afrique doit être combattues. Quand on essaie de justifier la forfaiture de LKG, on ne vient pas ici se plaindre de l agence togolaise de renseignement. L agengence togolaise de renseignement et votre ami LKG utilisent les même méthodes. LA MAUVAISE FOI DE NOS INTELLECTUELS CONDUIT NOTRE AFRIQUE A LA RUINE, RESSAISISSEZ VOUS FOLIKPO SI VOUS MERITEZ LE TITRE D INTELLECTUEL

2    2011-03-28 00:00:20   Haine

  • Ce soit disant "Intellectuel" reste à mes yeux un vrai rancunier qui fait mal à la jeunesse togolaise.La construction du Togo pourra se faire sans ces réfugiers rancuniers, qui n oeuvre que pour la division au Togo.

4    2011-03-28 11:01:59   hila

  • Très bien vu.Ce texte sonne comme une vengeance perso.LUTTER POUR LA DÉMOCRATIE, C EST NÉCESSAIRE, MAIS LA MANIÈRE DOIT ÊTRE LA BONNE.Vous dites qoi au juste ?Dites exactement ce qu on doit savoir sur l ANR. Sieur FOLIKPO l intellectuel, si vous n avez rien à dire pour l éducation civique des togolais, RÉSIGNEZ VOUS."ELAGNOWOU"

5    2011-03-28 15:03:47   ewiloo

  • L imbécile Lawson, le lugubre personnage derrière ce minable pseudo Lawson188 ne peut-il pas faire ses propres recherches ? Qu appelle-t-il NOTRE AFRIQUE, ce sale bandit togolais ignare et irresponsable auto attitré patriote ? Des gens foncièrement malotrus qu on se demande s il vaut la peine de s attarder sur eux.

6    2011-03-29 07:27:42   agovio

  • lu pour vous

    La polémique autour de la dévaluation du franc cfa : ma part de vérité - « L’Afrique est la clé du problème noir », Malcolm X Publié le mardi 29 mars 2011 | Le Temps

    Le thème de la dévaluation du franc Cfa revient régulièrement sur le devant de l actualité africaine. Depuis quelques années, l’appréciation de l’euro vis-à-vis du dollar américain et les appels répétés de certains intellectuels africains en faveur d une monnaie plus flexible et/ou compétitive, ont régulièrement entretenu les rumeurs de dévaluation du franc Cfa. Cette question de la dévaluation du franc Cfa est persistante lorsqu’on sait que la Côte d’Ivoire est une base de développement de grande importance en Afrique de l’Ouest francophone. Sa prospérité ou sa déchéance aura certainement des conséquences palpables dans les pays de l’Uemoa (Union économique et monétaire ouest-africaine). Si la libéralisation croissante des échanges et la déferlante des produits asiatiques rendent un ajustement du franc Cfa inéluctable, il importe de cerner les contours d’une dévaluation. Face donc à la présence très prégnante de la question de la dévaluation du franc Cfa, il semble nécessaire de se pencher sincèrement sur le sujet. Lorsqu’on pose la question de savoir si le franc Cfa sera dévalué ou pas, une série de difficulté, corollaire apparaît dès lors, concernant les conditions de réussite d’une dévaluation. Evoquer toutes ces questions nous autorise à rejeter toutes les idées préconçues sur les retombés de la dévaluation afin d’aborder sérieusement cette question d’ajustement monétaire. C’est ici donc l’ambition de notre présent article : celle de relativiser les retombés d’une éventuelle dévaluation du franc Cfa en l’état actuel des structures économiques des Pays africains de la zone franc (Pazf). L’impulsion inaugurale de notre réflexion se trouve dans une bonne présentation de la dévaluation. C’est la raison pour laquelle, en premier lieu, nous répondrons à la question : qu’est-ce qu’une dévaluation ? Une fois, la définition acquise, nous pourrons, en deuxième lieu, faire un retour sur le bilan de la dévaluation de 1994. Nous verrons que le succès de cette dévaluation est mitigé. Enfin, en troisième lieu, nous allons voir comme il est désormais solidement établi que le succès de la dévaluation est conditionné par certains aspects structurels de l’économie.

    I. QU’EST-CE QU’UNE DÉVALUATION ?

    On s’intéressera principalement dans cette partie à une présentation de la dévaluation. Cela exige de donner la définition de la dévaluation et ses fondements théoriques.

    I.1. LA DÉFINITION D’UNE DÉVALUATION

    Il n’est pas rare d’entendre, çà et là, de la bouche de certains, une confusion totale entre une dévaluation et une dépréciation. Pourtant, il ne faut pas confondre une dévaluation avec une dépréciation. La différence est très nette. La dévaluation consiste à modifier le taux de change officiel d une monnaie (parité) par rapport à une monnaie internationale de référence : or, dollar, euro, par exemple. Dans un sens extensif, elle désigne l altération de l objectif de change que les autorités monétaires d un pays s assignent dans le cadre de leur politique économique globale, qu elles soient ou non liées par des engagements internationaux en la matière. La dévaluation doit donc être bien distinguée de la dépréciation – même si, très souvent, elle ne fait que la consacrer. Cette dernière est, en effet, un mouvement du taux de change déterminé spontanément par le marché qui constate une perte continue de valeur de la monnaie domestique par rapport aux monnaies étrangères. Techniquement, l’ajustement de la balance des paiements peut-être assuré par les variations du taux de change. Celles-ci provoquent les modifications de prix nécessaires à l’ajustement des importations et des exportations et au rétablissement de l’équilibre. Le taux de change peut faire l’objet d’une dévaluation qui traduit une baisse de la valeur de la monnaie nationale par rapport aux monnaies étrangères, ou d’une réévaluation, qui s’exprime comme une hausse de la valeur de la monnaie nationale par rapport aux monnaies étrangères. Dans le cas des pays africains de la zone franc, le débat porte sur une baisse de la valeur de la monnaie, la montée de l’euro surévaluant de facto cette dernière et décourageant les exportations.

    I.2. LE FONDEMENT THÉORIQUE DE LA DÉVALUATION

    En cas de déficit de la balance des paiements, diverses actions peuvent être mises en œuvre. On peut en citer quatre. La première et la plus importante est celle qui tend à réduire la demande globale par une politique budgétaire et par une politique monétaire restrictive. Il est, en effet, indispensable de résorber l’excès de la demande intérieure sur la production, c’est-à-dire de diminuer « l’absorption » du produit intérieur par la consommation et par l’investissement. Une telle politique a pour effet de limiter les importations et de dégager en faveur de l’exportation une part de la production intérieure. La deuxième consiste à élever les taux d’intérêt par rapport aux taux pratiqués à l’étranger, ce qui permet d’améliorer la balance des opérations en capital, notamment en freinant la sortie des capitaux nationaux et en attirant les capitaux étrangers. Troisièmement, on peut recourir à des contrôles directs. Les restrictions quantitatives aux échanges (contingentement des importations) sont soumises à des limitations très sévères par des accords internationaux et ne peuvent être que des mesures de crise très graves. Quatrièmement, lorsque les mesures qui viennent d’être indiquées ne peuvent aboutir à restaurer l’équilibre à moins d’une récession marquée de l’activité économique et du chômage, l’économie se trouve dans un état de « déséquilibre fondamental ». La disparité entre les coûts et les prix intérieurs et extérieurs ne peut être dans ce cas corrigée que par un changement de la parité monétaire, c’est-à-dire par une dévaluation. Le fondement théorique de la dévaluation étant connu, reste à présenter quelques conséquences d’une dévaluation. Une dévaluation a de forte chance de produire les effets escomptés que si les prix internes augmentent. En réalité et surtout pour les pays dont le secteur domestique est très important, la hausse des prix intérieurs sera, dans l’ensemble moins rapide et moins forte que la dépréciation du taux de change. En effet, de nombreux produits sont obtenus dans le pays et ne souffrent d’aucune concurrence étrangère (secteur abrité) si bien que leurs prix ne subissent qu’avec retard, ou faiblement, la contagion de la hausse due à la dépréciation. Il en va de même des prix des services et des facteurs de productions qui peuvent être déconnectés des prix étrangers. Pour les pays africains de la zone franc, leur dépendance plus ou moins grande à l’égard des importations va les obliger à alourdir le déficit commercial si les exportations ne sont pas stimulées. L’accroissement des exportations peut alors, dans certains cas, provoquer une perte de substance pour l’économie nationale. Or, à la suite d’une dévaluation, l’accroissement de la valeur des exportations (en monnaie nationale) sera d’autant plus important que l’élasticité de la demande étrangère sera forte. Etant donné que les pays membre de la zone franc Cfa sont essentiellement exportateurs de matières premières de base et face à une demande léthargique, accompagnée d’une concurrence des pays asiatiques, il s’ensuit que les bénéfices de la dévaluation sont théoriquement maigres. De l avis de ceux qui sacralisent la dévaluation, la surévaluation du franc Cfa oblige les pays membres à déprécier leur monnaie car « le coût de la main d œuvre, déjà élevé en comparaison avec les pays asiatiques, en est artificiellement gonflé. Il encourage les importations au détriment des productions locales, y compris l importation de biens qui ne sont pas nécessairement indispensables ». Une dévaluation, selon cette « école » va renforcer la compétitivité des produits, permettre une augmentation des exportations et de leurs revenus, et une atténuation de la pression des importations. Il est vrai qu’à l exportation, les productions locales deviennent moins compétitives que celles de nos concurrents des pays hors zone euro. Il en est ainsi du coton béninois, de la banane camerounaise, du café ou du cacao ivoirien face aux produits analogues américains et latino-américains qui exportent en dollars, et qui sont, de surcroît, subventionnés. En conséquence, le revenu des exportations de matières premières africaines facturées en dollars, diminue conséquemment. A contrario, une catégorie d’économistes prudents, se méfie des dévaluations à tout va. Pour eux, une dévaluation du franc Cfa aurait pour conséquence une hausse vertigineuse du coût des importations, un surenchérissement de la facture pétrolière, une inflation globale. Cela n’a rien d’entonnant quand on sait que la croissance que connaît l’Afrique est tirée par les pays exportateurs de pétrole. La faiblesse du dollar diminue la facture énergétique des pays et le prix élevé du baril ne peuvent donner l’illusion de résister à cette surévaluation du franc Cfa. Mais pour combien de temps, la manne pétrolière contrebalancera les effets pervers d’un déficit structurel de balance des paiements ? La dévaluation peut être bénéfique pour un pays donné, que si ses exportations explosent mais à condition que les autres monnaies ne se déprécient pas dans les mêmes proportions. Historiquement, les dévaluations concurrentes ont été malheureusement adoptées par un grand nombre de gouvernement entre 1930 et 1940. L’exemple le plus éloquent fut la concurrence faite aux dévaluations britanniques et américaines supprimant du même coup l’effet prix favorable aux exportations britanniques et américaines. Lorsque la hausse des prix est plus rapide dans un pays tiers qu’à l’étranger, le gouvernement peut être contraint à la dévaluation. Cette situation est indéniable lorsque le déficit de la balance des paiements est structurellement considérable. Une surévaluation de la monnaie peut aggraver les difficultés d’exportation. Une croissance inflationniste ne peut durer indéfiniment car elle compromet gravement la compétitivité des entreprises sur les marchés extérieurs. Les pays qui marchent en tête dans la progression des prix se condamnent aux dévaluations successives et sapent la confiance dans la monnaie.

    II. LE BILAN MITIGÉ DE LA DÉVALUATION DE 1994

    Le 11 janvier 1994, après 46 années de stabilité monétaire, les 14 pays de la zone franc, sous la pression des Institutions internationales et la France, s’accordent pour modifier la parité du franc Cfa à compter du 12 janvier 1994 à 0 heure. Au-delà des traumatismes engendrés par cette mesure et plus de dix sept ans après, un consensus se dégage : les effets de la dévaluation sont encore difficiles à évaluer dans leur ensemble car ils possèdent un échelonnement différent dans le temps. Le bilan de la dévaluation de 1994 est donc mitigé. (A suivre)

    Dr Prao Yao Séraphin

7    2011-03-31 15:59:51   Koffi Nunyava

  • Mis à part le manque de courtoisie et les insultes je crois que le contenu est vrai.Normalement en lisant ce texte,nos entrailles devraient bouger et nous ne devrions pas taxer Folikpo de haineux outre mesure.Il faut avoir expérimenter la brutalité gratuite que font ces gendarmes pourtant intellectuels.Oui les citoyens ont besoin d être formés et éduqués dans leur droit.C est en cela que j apprécie cette sortie de mon frère Folikpo que j exhorte une fois encore à la retenue car je ne comprends pas comment un éveilleur de conscience va polluer les consciences qu il est censé assainir par les insultes.En dehors de cette fausse note,merci mon frère Folikpo.L Éternel bénisse le Togo et ses enfants les conducteurs.

8    2011-04-01 17:22:41   3KD

  • Mr folikpo n a faire preuve de bonne moralté. moi je sais très bien que vous vous battez pour la paix et la démocratie mais je pense que ce n est pas de la sorte vous devez procéder Mon chère mefie sinon tu te fera encore arrêté la seconde fois . merci bon séjour en EUROPE...........

9    2011-04-05 12:15:21   lpvdaya

  • 3KD quand un chien te mord tu le caresses ?

    Quand un barbare maltraite ta famille tu vas lui tendre tes joues ?

    Le sado masochisme aussi c est quelque chose hein !



Les propos injurieux et les insultes ne sont pas tolérés sur ce site. Les attaques personnelles seront systématiquement supprimées.


L'inscription est obligatoire pour laisser un commentaire. Inscrivez-vous

Déjà inscrit ?  Saisissez votre pseudo, mot de passe et réaction
Nom ou pseudo
Mot de passe Mot de passe oublié
Avis
 

 

Du même auteur

226 articles publiés à ce jour  




0 | 10 | 20 | 30 | 40 | 50 | 60 | 70 | 80 |...


A propos de l'auteur


Komdedzi Kofi FOLIKPO, né le 17 avril 1964 à Kpalimé (TOGO), est Germaniste (Université de Lomé, Promotion 1988), Linguiste (Universität Bielefeld en Allemagne, Promotion 1996), Ingénieur en Informatique (Université de Marne-la-Vallée en France et Université de Genève en Suisse, Promotion 1999) et Interprète-Traducteur assermenté (Zürcher Hochschule für angewandte Wissenschaften en Suisse, année 2007).

Il travaille depuis quelques années principalement comme Ingénieur en Informatique et Desk-top Publisher à titre indépendant pour les entreprises, les Institutions et les Particuliers.

Il est le Fondateur et le Coordinateur Général de l’Organisation citoyenne panafricaine PYRAMID of YEWE dont les objectifs sont entre autres la défense et la promotion des Valeurs culturelles, sociales, spirituelles et mystiques des Peuples Africains et de leur Diaspora à travers le monde.

Contacts :

E-Mail : Kofi.Folikpo@hotmail.com ,

Lien professionnel : http://www.linkedin.com/in/kofifolikpo ,

Lien social : http://www.facebook.com/Folikpo



Contactez-nous | Mentions légales

Copyright 2005 - www.togocity.com - All rights reserved -
Site developpé avec SPIP sous licence de logiciel libre (GPL)