Politique


26 juillet 2011

Complots visant à porter atteinte à l’intégrité physique de certains journalistes, jugés critiques à l’égard du pouvoir de Faure Gnassingbé

DECLARATION CONCERNANT LES ALLEGATIONS DE COMPLOTS CONTRE LES JOURNALISTES

Le lundi 25 juillet 2011, l’association « SOS Journaliste en Danger » a tenu une conférence de presse au cours de laquelle elle a fait état des alertes de source anonymes qui, durant la journée du 21 juillet 2011, ont fait état d’allégations de « complots visant à porter atteinte à l’intégrité physique de certains journalistes, jugés critiques à l’égard du pouvoir de Faure Gnassingbé ». Il ressort de la déclaration liminaire présentée par les responsables de SOS journaliste en danger lors de cette conférence de presse que « ces allégations ont été confirmées dans la même journée, par une lettre écrite par un agent de la gendarmerie travaillant à l’ANR » où « s’élaboreraient les complots visant à porter atteinte à l’intégrité physique des journalistes, notamment par des moyens d’accidents déguisés, d’empoisonnements ou des affaires montées de toutes pièces ». Les mêmes allégations ont été également confirmées, d’après nos informations, par l’association « Journalistes pour les Droits de l’Homme » (JDHO).

Au regard de ces éléments, le Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo (CACIT), la Coalition Togolaise des Défenseurs des Droits de l’Homme (CTDDH) et Amnesty International-Togo voudraient rappeler que déjà, le 26 Avril 2011, ils avaient, de concert avec d’autres organisations, envoyé une lettre au président de la République pour dénoncer les traitements cruels, inhumains ou dégradants qui, selon des allégations auraient cours au sein de ladite agence.

Les informations relatives à des complots d’atteinte à la vie des journalistes viennent corroborer la conviction des trois organisations selon laquelle, le rôle, la mission exacte et les activités de l’ANR doivent être clarifiés à la population.

A un moment où la communauté internationale condamne avec la plus grande rigueur l’impunité des auteurs d’actes de tortures et autres peines ou traitements cruels ou dégradants, conformément à la Convention des Nations Unies sur la question dont le Togo est partie prenante, le CACIT, la CTDDH et Amnesty International-Togo voudraient manifester leur inquiétude et solliciter l’action du chef de l’Etat pour préciser le rôle de l’ANR et demandent l’ouverture d’une enquête officielle sur les allégations de complots visant à porter atteinte à l’intégrité physique des journalistes. Ils entendent continuer la mobilisation pour que les responsables d’actes de tortures répondent de leurs actes devant les tribunaux nationaux, sous régionaux et internationaux.

Ils encouragent le Bureau du Togo du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme ( HCDH) ainsi que les partenaires bilatéraux et multilatéraux du Togo à être plus regardants, dans leurs relations avec le Togo, sur les mesures prises par l’Etat togolais en vue de donner des suites concrètes aux recommandations pertinentes formulées par le Comité des droits de l’Homme de l’ONU suite à sa 101ème session tenue à New York en mars 2011.

Fait à Lomé le 26 juillet 2011

AMNESTY INTERNATIONAL-TOGO-CACIT-CTDDH


Vous avez dit

1    2011-07-26 15:52:05   lidy

  • L affaire là n est pas claire, depuis quant le meurtrier écrit d avance à sa victime pour lui informer qu il va le tuer ? Ces machins de SOS journalistes en danger veulent se faire de publicité. Depuis quant on a assassiné un journaliste au Togo ? Ce sont lépreux qui ne cherchent que de qoi vivre dans la journée en publiant des mensonges sur des autorités du Pays. Ils n inquiètent même pas le pouvoir en place. Qui cherche à les tuer ? C est encore une nouvelle trouvail. Je me rappel FERDINANT AYITE disait un jour qu il est danger qu on veut le tuer. Il est encore en vie et il se déplasse paisiblement à Lomé.

2    2011-07-28 12:27:15   impunite zero au togo

  • mon frère lidy, je comprends ta réaction négative et demesurée dans cette affaire. les propos que tu avances sont de nature à encourager l arbitraire qui sévit au togo depuis des années. tu dis dans tes propos incongrus que tu n as pas eu connaissance de l assassinat d un journaliste au togo, je vais tout juste te dire que tu ne comprends ou tu méprises l histoire du togo sous la dictature chronique des gnass. que te dise les agressions contre DIMAS DIKODO, CLAUDE AMEGANVI, qui a été agressé avant d être emprisonné arbitrairement, de DIDIER LEDOUX. la liste est très longue. je reviendrai

3    2011-07-29 15:14:37   lidy

  • Tout ces machains que tu as cités, sont ils assassinés ? Reviens tu vas à la recherches d informations intoxiquées, viens vomir.Ecpèce d esprit radical. Esprit radical, sors du corp de "impunité zero au togop"

4    2011-07-29 22:56:14   illico

  • @Lidy voila ce Togolais que tu es,moi j pense bien ke tu es 1etranger ici au Togo. Ou bien tu ignore l histoir 2tn pays ?j peux volontermnt ajouter a la liste des jrnalistes tuer par ce regime sanguinaire des Gnass Joichin Atsutse Agbobli,Radji Hekini etc.. Si tu 1honnet citoyen tu cmprendrai ces journalistes,vraimnt ils sont en danger. Selon toi s ils ne sont pas en danger pourquoi votre service 2renseignmnt ne fait pas 2communiker pour démentir ? Votre ANR quel est son role au juste ?meme les commercant son arrêter a l aéroport.@Lidy votr system 2gouvernante a attein son appoger et ns consacte que ces lourds se mach entre eux. Le cas 2Assani Tchidjani. a qui le tour ?

5    2011-08-01 10:48:35   lidy

  • ça sera ton tour M.ILLICO, Vous qui tenez des propos sans preuves, propos nourrient par des suspiscions, des rumeurs et vous en faites des vérités légales. C est comme ça vous allez bâtir le Togo sur des mensonges.

6    2011-08-01 23:39:50   impunité zero au togo

  • monsieur lidy, tu vis sur une autre planète que celle des êtres humains.tu sais que la coopération internationale a été rompue avec le Togo pour déficit démocratique ? quand on parle de déficit démocratique,je crois que tu dois pas ignorer les exécutions extrajudiciaires commises par ton parti RPT sur plusieurs journalistes,tués ou forcés à s exiler.tu ne mérites pas la nationalié togolaise car tu mépris l histoire du togo. bonne nuit.envoie moi ton mail et je t enverrai un dossier complet sur l assassinat des journalkistes au togo

7    2011-08-02 12:27:25   lidy

  • "impunité zéro" tu n arrives pas à me convaincre je te demande de me donner la liste des journalistes assassinés au Togo. Tu jesticules pour rien, vous parlez sans preuves dans ce Pays. Vous vous fondez sur des rumeurs, des ragos pour affirmer vos propos. Vous avez un esprit de poulet.

8    2011-08-04 19:58:24   impunité zero au togo

  • Script de la IIe Partie


    45 ans d’impunité

    L’assassinat de Sylvanus OLYMPIO, premier événement du genre dans toute l’Afrique indépendante, que l’impérialisme français força les régimes africains placés sous sa domination à avaliser, inaugura une ère d’impunité à l’ombre de laquelle la banalisation de l’assassinat politique a été érigée en méthode de gouvernement non seulement au Togo mais a été généralisée sur tout le continent africain. Au Togo, après le coup d’Etat du 13 janvier 1963, un gouvernement provisoire avait été mis en place, sous la direction de Nicolas Grunitzky et d’Antoine Méatchi, les responsables des partis politiques PTP et UCPN favorables au pouvoir français sous le régime colonial. Installés au pouvoir par leurs maîtres français à leur retour d’exil, ils appelèrent à la tenue d’une « Table ronde d’union et de réconciliation nationales » réunissant les quatre principaux partis qui animaient la vie politique à l’époque : l’UDPT, le MPT, la JUVENTO, l’Unité togolaise et, à titre d’observateurs, des représentants de l’armée, de toutes les confessions religieuses et des syndicats professionnels. Cette Table ronde eut à définir les grandes lignes de nouvelles institutions qui furent plébiscitées par des élections générales qui, organisées le 5 mai 1963, instituèrent la IIe République du Togo et dotèrent le pays d’une nouvelle constitution, d’un président et d’un vice-président élus pour 5 ans ainsi que d’un parlement de 56 membres également élus pour 5 ans sur une liste unique dite d’« union nationale ». Cependant, les institutions ainsi laborieusement échafaudées ne résistèrent pas à la crise qui ne cessait de s’approfondir au sein de ce gouvernement jusqu’à l’éclatement du soulèvement populaire du 21 novembre 1966 exigeant la démission du régime Grunitzky – Méatchi qu’il ébranla profondément. Le 13 janvier 1967, soit quatre ans jour pour jour après celui de 1963, ce gouvernement était emporté par un nouveau coup d’Etat militaire qui porta au pouvoir un gouvernement contrôlé par une junte militaire qui installa le Colonel Kléber DADJO au sommet de l’Etat. Trois mois après, ce dernier fut à son tour démis par un nouveau putsch interne à la junte par lequel Etienne GNASSINGBE Eyadéma prit le contrôle du pouvoir, le 14 avril 1967. Pendant une première longue période de douze ans, allant de 1967 à 1979, le Togo allait connaître un régime d’exception sous lequel, gouverné par ordonnances et décrets, se généralisa un règne de l’arbitraire qui alla bien au-delà de cette période. Depuis lors, on ne compte plus, les nombreux cas d’enlèvements, d’emprisonnements arbitraires, de disparitions de citoyens innocents, victimes d’exécutions extra-judiciaires sommaires pour leur opposition au régime du parti unique – parti Etat RPT qui a été mis en place en 1969. Certains le seront pour avoir simplement critiqué ce régime ou encore exprimé leur opinion sur une question d’intérêt national ou, pire encore, pour avoir été mensongèrement dénoncés à la police politique du régime pour de simples différends d’ordre personnels. A l’ombre de ce régime de terreur, les victimes innocentes, innombrables, allaient s’accumuler année par année.

    1967-68 : • Grégoire Kinvi KOUESSAN, ancien Secrétaire général de l’UNTT, ancien député sous le régime de GRUNITZKY, ce responsable syndical, particulièrement redouté par tous les gouvernements depuis l’époque coloniale parce qu’il était très populaire dans le monde du travail fut la première victime du régime Eyadéma. Dénoncé par un de ses domestiques au régime pour la détention d’un pistolet automatique qu’on fit passer pour une arme de guerre alors qu’il avait cette arme depuis son exil au Ghana pour assurer sa sécurité personnelle, il a été arrêté en 1967 et fut détenu à la Gendarmerie nationale. Lors de son procès, il fut condamné en première instance à trois mois de détention après avoir été faussement accusé de détenir cette arme en vue d’un complot contre la sûreté de l’Etat et de préparer l’assassinat du Commandant Kléber DADJO et de deux autres officiers de l’armée togolaise. Après appel du parquet, sa peine fut portée à sept mois de détention qu’il n’a pas purgés. En effet, après quelques mois de détention, on lui injecta un produit se trouvant être en fait un poison lent qui le faisait aboyer comme un chien jusqu’à ce qu’il perde connaissance, produit qui le fit tomber gravement malade par la suite. Ayant bénéficié d’une « grâce présidentielle » d’Eyadéma en novembre 1967, il devait mourir le 7 mars 1968, quelques mois à peine après sa libération, au terme d’atroces souffrances. En toute impunité…

    1970 :

    Le 8 août 1970, le régime annonça la découverte d’un complot visant à le renverser après qu’au cours d’une descente de l’armée chez des “conjurés présumés » l’un d’entre eux fut sommairement abattu. Un état de siège non officiellement déclaré fut mis en place par le régime Eyadéma qui dénonça l’action de militants des partis frappés de dissolution tout particulièrement le CUT. Une vague répressive, déclenchée dans tout le pays, organisa des arrestations massives. C’est ainsi que : • Clément KOLOR, ancien responsable nationaliste, fut froidement abattu à son domicile, ce 8 août 1970, par le commando de soldats de l’armée togolaise envoyés pour l’arrêter. En toute impunité… • Laurent DJAGBA, ancien député du CUT, arrêté avec d’autres anciens militants du CUT dans cette affaire de « Complot du 8 août 1970 » a, lui, été assassiné en détention, le 31 décembre 1970, dans des conditions horribles que Marc ATIDEPE, qui a été arrêté et détenu conjointement avec lui, a raconté à la Conférence nationale de juillet – août 1991, comme suit : « Le soir, vers 22 heures, une escouade de soldats, sous le commandement du Commandant ADEWUI, assisté du Capitaine LAWANI et du Lieutenant GNEHOU, revinrent à la prison ; l’émoi était très grand. Chacun se demandait ce qui allait se passer. Eh bien, ce que l’on craignait depuis six mois devait se produire. Les officiers sortirent une liste et les appels commencèrent. Le premier appelé était, comme il fallait s’y attendre, mon très cher ami DJAGBA. Il fut déshabillé et, couché par terre, à plat ventre, quatre soldats immobilisèrent chacun, un de ses membres, en y appuyant fortement leurs pieds chaussés de godasses ; une fois cette immobilisation réalisée, trois autres militaires se livrèrent, à coeur joie, à des bastonnades continues. Les coups étaient administrés les uns après les autres, à la manière des femmes qui pilent, à trois, de l’igname dans un mortier. Cela, vous en doutez, ne laissait aucun moment de répit au supplicié. Il criait fort, très fort ; ses cris étaient déchirants, puis, progressivement, baissaient, pour finir par s’éteindre. Mon ami était mort, il n’avait pu supporter plus longtemps ces bastonnades parce que, depuis six mois, il était soumis à ce genre de torture, au moins une fois par jour. » Dans un témoignage, un de ses fils a, par la suite, précisé : « Torturé à mort, (Laurent DJAGBA a été) enterré dans un endroit jusqu’ici inconnu de la famille, un crime fut commis sur l’homme politique qui avait une si haute idée de la politique qu’il ne s’attendait pas dans ce domaine à des monstruosités comme celles qui l’ont humilié et tué. » En toute impunité…

    1971 : • Jean-Alexandre OSSEYI et Christophe LANZO, avaient été arrêtés avec d’autres, comme Laurent DJAGBA, dans l’affaire du « complot du 8 août 1970 », sous l’accusation d’avoir fomenté un coup d’Etat avec Clément KOLOR. Jugés par un Tribunal d’exception, une Cour de Sûreté de l’Etat spécialement instituée pour l’occasion, ils avaient été condamnés à 20 ans d’emprisonnement. Sauvagement torturés comme Laurent DJAGBA, on annonça leur décès en détention, respectivement les 2 et 3 janvier 1971, assassinats que la dictature d’Eyadéma présenta comme des « morts par collapsus circulatoire ». En toute impunité… • TCHANKOUM, un autre nationaliste qui, suite à cette affaire, s’exila dans un pays voisin du Togo, y fut enlevé et détenu secrètement dans les geôles du régime Eyadéma. Dans sa communication à la Conférence nationale de juillet – août 1991, Marc ATIDEPE raconta également les conditions dans lesquelles il a été assassiné en détention avant la fin de l’année 1970, comme suit : « TCHANKOUM, alors réfugié dans un pays limitrophe du Togo, avait été arrêté par des soldats togolais, avec la complicité du gouvernement hôte. Il avait été ramené au Togo et torturé à mort. Son corps fut déposé près du bâtiment de la Préfecture de Dapaong, et la population était invitée à venir le « voir ». Une glorieuse manière de faire des exemples. » En toute impunité… • Le gendarme Norbert BOKOBOSSO, tenta d’assassiner Eyadéma en tirant sur lui le 24 avril 1967 mais manqua sa cible, 10 jours seulement après qu’il ait pris le contrôle du pouvoir à la place du Colonel Kléber Dadjo. Arrêté, il fut condamné à mort après qu’EYADEMA ait annoncé qu’il s’agissait d’un complot ourdi par Emmanuel BODJOLLE, un des soldats qui organisa avec lui l’assassinat de Sylvanus OLYMPIO, le 13 janvier 1963. Il le redoutait le plus au sein de la hiérarchie militaire parce que, Kabyè comme lui, il était originaire du village de Kouméa, voisin de son village natal de Pya, tout comme BOKOBOSSO. Après la condamnation à mort de BOKOBOSSO, Eyadéma annonça lui avoir accordé la « grâce présidentielle » mais le fit torturer longuement en détention au camp du RIT de Tokoin à Lomé. Puis, mis à la diète noire, privé d’eau et de nourriture, pendant 8 jours, il devait mourir au 9e jour de ce régime inhumain, le 2 novembre 1971. En toute impunité…

    1973 : • Théophile MALLY, ancien ministre de l’Intérieur de Sylvanus OLYMPIO, nommé conseiller politique à la présidence à son retour d’exil, fut mis en cause dans une affaire d’escroquerie au détriment d’Eyadéma. Arrêté pour escroquerie et abus de confiance, il fut incarcéré, d’abord à la Gendarmerie nationale pendant trois semaines, avant d’être déféré à la Prison civile de Lomé où on le trouva mort dans sa cellule, 26 jours après son arrivée, en novembre 1973. Il y eut, à propos de sa disparition, une suspicion d’assassinat en détention.

    1974 : • L’Officier de police Georges Bayessem PANA, accusé d’avoir tenu des propos injurieux envers Eyadéma, fut arrêté et subit, le 23 janvier 1974 un interrogatoire musclé à la présidence de la République, à Lomé. Puis, son affaire fut renvoyée à Kouméa, en pays Kabyè, où il devait être interrogé en présence de ses parents et des chefs traditionnels de la Région. Alors que PANA avait été déporté au Camp Landja de Kara où il était détenu en attendant d’être fixé sur son sort, l’accident d’avion d’Eyadéma survint à Sarakawa, le 2 février 1974. Vers 18H, le même jour, le Colonel Janvier CHANGO vint le chercher et le transporta sur les lieux de l’accident d’avion. Après lui avoir montré la carcasse de l’avion présidentiel, il lui déclara qu’il était « la cause de l’accident » parce que ce serait lui qu’Eyadéma allait juger à Kara. Puis il ordonna à ses deux gardes du corps de l’abattre. Et il fut abattu sans autre forme de procès. En toute impunité…

    1975 : • Le Capitaine Paul COMLAN, officier de l’armée togolaise, s’était lié d’amitié avec l’ambassadeur des Etats Unis d’Amérique au Togo qui se trouvait être une femme, ce qui l’a perdu. EYADEMA le considéra alors comme un rival cherchant à s’assurer la protection et le soutien des autorités américaines pour le démettre du pouvoir afin de prendre sa place au sommet de l’Etat alors qu’il n’en était rien. Ce fut lors d’un Grand Rapport de l’Armée togolaise à Témédja qu’il fut publiquement mis en accusation sans fondement, devant tous ses compagnons d’arme, par Eyadéma qui le fit immédiatement arrêter et déporter à Lomé où on l’enferma dans une prison destinée aux sous-officiers au Camp du RIT. Quelques jours plus tard, le 31 juillet 1975, un commando de tueurs de la Garde présidentielle, dirigé par le Commandant ADEWUI, fut envoyé nuitamment dans sa cellule où ils l’assassinèrent en le rouant de coups jusqu’à ce que mort s’ensuive. C’est un corps portant encore les stigmates des sévices et mutilations qu’il a subis, notamment des traces de strangulation au cou, de torsions/fractures des poignets et d’hématomes de toutes sortes qui furent rendu à sa famille. En toute impunité…

    1976 : • Alfa WUISSI, vieux cantonnier, fut assassiné par lapidation sur les ordres d’Eyadéma, en 1976, après avoir été accusé par ce dernier d’être responsable de la mort de son père. Contraint à se mettre nu et à se coucher par terre lors d’une réunion sur une place publique, il fut lapidé, sur les testicules, jusqu’à ce que mort s’ensuive, par la foule rassemblée, sur les ordres d’Eyadéma. En toute impunité…

    1977 : • Le Capitaine Gaston Charles GNEHOU, propre beau-frère d Eyadéma, assassiné sur son lit à l’Hôpital de Tokoin en 1977. Cet officier de l’armée togolaise qui fit partie du groupe de militaires qui torturèrent à mort en détention l’ancien député du CUT Laurent DJAGBA, a d’abord été blessé lors d’un attentat auquel il survécut miraculeusement. Sa voiture fut mitraillée par un commando de tueurs envoyé à ses trousses pour l’exécuter en pleine ville de Lomé, dans la rue de l’OCAM, sur le chemin de retour d’une visite à des amis. Laissé pour mort, il sera achevé plus tard à l’hôpital de Tokoin par un commando de militaires déguisés en infirmiers. Par la suite, la dictature d’Eyadéma fera répandre la rumeur selon laquelle il serait en train de préparer un coup d’Etat. Il n’y eut aucune enquête ni poursuites. En toute impunité…

    1978 : • Abou Kérim BOUKARI, docteur vétérinaire, spécialiste des problèmes écologiques de la mer, syndicaliste, premier secrétaire général de l’Union nationale des étudiants du Togo (UNETO), premier directeur du Service des pêches (ex ONAF), a été arrêté en mars sous de fausses allégations de détournement de deniers publics que le régime d’Eyadéma n’a jamais pu prouver tant il était d’une remarquable probité. Mis hors de cause par le juge d’instruction Banermann qui avait été commis pour instruire son dossier, il a néanmoins été maintenu en détention. Pourquoi ? Parce que, originaire de Bassar, dans le nord Togo, il a toujours refusé de s’associer aux campagnes régionalistes du régime RPT qui exerçait sur lui pressions et chantages de toutes sortes pour le faire céder, sans succès. Incarcéré dans une cellule de la Gendarmerie nationale à Lomé, il fut ensuite transféré à la Prison civile de Lomé où il tomba malade du fait de ses tortures et mauvaises conditions de détention. Sachant qu’il était condamné à mourir, le régime le fit libérer en janvier 1978 et il mourut au mois de novembre de la même année. En toute impunité…

    1979 : • Barnabas AKU, arrêté et détenu dans le cadre de l’affaire du « complot des mercenaires » est mort en décembre 1979, deux semaines à peine après sa libération alors que le régime Eyadéma savait pertinemment qu’il était condamné à mourir du fait de ses mauvaises conditions de détention. En toute impunité…

    1980 : • 4 douaniers dont le brigadier-chef KETEMEPI, arrêtés pour des raisons professionnelles, furent torturés à mort en 1980 au "camp militaire de redressement de Témédja" où ils étaient détenus. En toute impunité… • Badagbo LAWSON, gendarme, en poste au Secrétariat de la Gendarmerie nationale à Lomé, enregistra, en 1980, le nom d’un collègue qui allait être envoyé au Camp de Témédja qui avait la réputation d’être un Camp de la mort et l’en informa. Alors que ce dernier avait mobilisé parents et relations pour aller demander « pardon » à Eyadéma, ce dernier exigea de savoir qui l’avait informé et le nom de Badagbo fut livré. Eyadéma décida alors que ce serait lui qui serait envoyé à sa place au Camp de Témédja. Assassiné quelques jours seulement plus tard, c’est son corps, affreusement torturé, qui fut rendu à sa famille. En toute impunité…

    1981 : A partir de cette année 1981 jusqu’à 1990, plusieurs centaines de citoyens furent massacrés dans la réserve de faune de l’Oti. Nommé par Eyadéma préfet à Mango en 1981, le lieutenant Yoma Narcisse DJOUA se vit conférer les pleins pouvoirs pour prendre le commandement des opérations d’élargissement des réserves de cette faune en y organisant la plus sanglante répression avec des méthodes barbares... Exemple : un jour, il fit attacher vivant à un hélicoptère, par une corde, un braconnier surpris dans la faune, le fit promener sur toute la ville de Mango, pendant, au bout de la corde qui fut coupée ; le corps du pauvre homme, mort, était ainsi précipité du haut de l’hélicoptère sur la forêt. En toute impunité…

    1982 : • Kankoé ASSIONGBOR, soldat de l’armée togolaise fut assassiné en détention en 1982 au Camp de Témédja. Le cercueil qui était censé renfermer sa dépouille mortelle, fut ramené à sa famille par un contingent de militaires avec l’interdiction formelle de l’ouvrir. Même après son inhumation, sa tombe fut gardée pendant plus d’une semaine par les militaires qui ont convoyé le cercueil afin de s’assurer que la maçonnerie ait bien séchée et qu’on ne pourrait plus l’ouvrir. En toute impunité…

    1984 : • Antoine Idrissou MEATCHI, ancien vice-président du Togo, fut assassiné en détention le 26 mars 1984 après avoir été arrêté en juin 1982 sous prétexte d’un détournement de fonds publics qu’il aurait opéré quelques 10 ans plus tôt dans l’affaire des silos de Togograin. Ce n’était en réalité qu’une machination organisée pour le faire emprisonner. Mis à la diète noire, privé d’eau et de nourriture, il est mort en moins d’une dizaine de jours. Les autorités togolaises ont prétendu qu’il était mort d’un « infarctus ». En toute impunité… • 5 personnes ont été assassinées à Pya, en 1984, sur les instructions d’Eyadéma, de Paka Kbalang et du Capitaine Badabon, après avoir été accusés de sorcellerie. En toute impunité… • Le chef Robert ASSIH de Pya est mort en 1984 en prison où il a été enfermé sur les ordres d’Eyadéma qu’il avait pourtant élevé pendant sa jeunesse. En toute impunité…

    1985 : • Le Colonel Koffi KONGO, assassiné alors qu’il était aux arrêts de rigueur, le 29 mars 1985. Inspecteur Général des Forces armées togolaises (FAT), cet officier de l’armée togolaise aurait échappé, à plusieurs reprises, à des tentatives d’assassinat. EYADEMA ayant l’habitude de le convoquer tard le soir, précautionneux, il se faisait toujours accompagner par un autre militaire ou dignitaire du régime pour ne pas se faire mitrailler, dans son véhicule, comme ce fut le cas pour un chauffeur de Barry Moussa BARQUE, un ministre d’Eyadéma. Mais, au terme des manœuvres militaires conjointes franco-togolaises organisées cette année 1985, sa liquidation physique fut décidée par Eyadéma qui saisit l’occasion que lui offrait le Général commandant le détachement de l’armée française pour l’exécuter. En effet, ce dernier avait fait, au sujet de Koffi KONGO, des éloges à Eyadéma à qui il déclara qu’à son avis, il devait être promu au grade de général parce qu’il n’avait jamais vu un officier africain aussi brillant de toute sa carrière. Sans le savoir, il venait de causer sa perte. Car pour Eyadéma, qui détenait seul à l’époque le grade de général au sein de l’armée togolaise, Koffi KONGO devenait ainsi un dangereux concurrent qu’il fallait éliminer au plus tôt. Un futile prétexte d’« insubordination » de Koffi KONGO lors de ces manœuvres militaires franco-togolaises, fut immédiatement invoqué pour le mettre aux arrêts de rigueur dans sa résidence du camp militaire. Le 29 mars 1985, il fut retrouvé mort dans sa maison du Camp RIT où il purgeait sa peine depuis près d’un mois alors qu’il ne souffrait auparavant d’aucune maladie. Si, à l’époque, des informations venant de dignitaires du régime indiquèrent qu’un gaz mortel avait été utilisé pour l’assassiner par empoisonnement, des soldats préposés à sa garde ont révélé plus tard que, la veille de la découverte de son corps, un commando de la Garde présidentielle s’était introduit dans sa villa pour en ressortir quelques temps après. Manifestement, Koffi KONGO aurait donc subi le même sort que Paul COMLAN, assassiné par des coups mortels portés à main nu par un commando de tueurs de la Garde présidentielle. Après son décès, le régime Eyadéma fit pression sur la famille pour qu’elle s’oppose à l’autopsie du corps que sollicita la mission que dépêcha au Togo les organisations humanitaires internationales dont Amnesty International pour faire la lumière sur ce décès plus que suspect. Koffi KONGO fut donc enterré en toute impunité… • Omer Aka ADOTE, 60ans, ingénieur des chemins de fer à la retraite et NABONE, arrêtés avec 14 autres personnes au mois d’août et de septembre 1985 pour détention de tracts critiquant le régime, ont été torturés à mort en détention ce mois de septembre. Au sujet de Omer ADOTE, Me Siméon Kwami OCCANSEY, qui a été conjointement détenu avec lui, raconte, dans son livre publié à Accra en l’an 2000 sous le titre : Si Eyadéma m était conté, les tortures qu’il a subies dans les termes suivants : « Témoin oculaire, nous accusons formellement le Lieutenant PELLOW d avoir torturé à mort Omer ADOTE. C est lui qui le ramena dans notre cellule à la "grande porte" le 11 septembre 1985 vers 21 heures, pieds et poings menottés comme un mouton qui était destiné à l abattoir. Libéré de ses liens vers 22 heures, PELLOW et son équipe commencèrent l interrogatoire musclé d Omer jusqu à minuit avant de le laisser sur le carreau, totalement épuisé, méconnaissable. Les jours qui suivirent, Omer ADOTE fut soumis à la diète noire : enfermement en cellule, sans nourriture, sans eau. Trois fois par jour, PELLOW venait le chercher pour le travailler dans les bureaux du Lieutenant BITHO. Comme il s opiniâtrait dans la dénégation ou le mutisme, on le tenaillait longuement avec des pinces chauffées au rouge. Au bout d une semaine, tout le corps et la partie de son individu étaient brûlés. Fin de la deuxième semaine, ADOTE n en pouvait plus. Il vomissait du sang. Ses râles amusaient PELLOW qui les mettait au compte de la comédie et de la simulation. Le 22 septembre, ADOTE subit encore un ignoble interrogatoire au cours duquel on lui enfonça le goulot d une bouteille dans l anus. Peu de temps après, il tomba dans un état comateux. Quand, avec certains "gardés à vue", particulièrement le brave Monsieur SEGO, après avoir pris soin de le langer comme un bébé, puisqu il saignait abondamment, nous le transportâmes dans le camion militaire qui devait le conduire au Centre hospitalier de Lomé-Tokoin, nous savions que c en était fini d Omer. » Omer Aka ADOTE est donc mort des suites de ses tortures le 23 septembre 1985. En toute impunité… • Septembre 1985 : L’ancien chauffeur de Barry Moussa BARQUE, fut assassiné en lieu et place de ce dernier, dans sa voiture qui a été mitraillée par les gardes sur ordre d’Eyadéma, en arrivant au Palais présidentiel de Lomé II. Convoqué par ce dernier, tard la nuit, un guet-apens avait en fait été tendu à Barqué, ministre d’Eyadéma, pour le liquider. Mais, prudent, celui-ci l’évita et prit le chemin de l’exil après cette tragédie. Son chauffeur fut donc tué à sa place. En toute impunité…

    1986 : • Lors des événements pour lesquels on annonça par la suite une tentative de coup d Etat dans la nuit du 23 au 24 septembre 1986, 300 à 400 personnes furent tuées surtout par les soldats de l’armée togolaise. Affolés et paniquant face à cet événement inédit pour eux, ces derniers se mirent à tirer dans tous les sens, faisant des morts par dizaines dans leurs propres rangs et au sein de la population. En toute impunité…

    1987 : • De cette année 1987 jusqu’en 1991, il y eut, selon les témoignages des survivants eux-mêmes, plus de 109 prisonniers morts au Camp de concentration d’Agombio où les détenus étaient sauvagement torturés. Mis à la diète noire, certains d’entre eux dormaient à même le sol jusqu’à ce que leur peau, avec la malnutrition, se détache en lambeaux qui collaient au sol. Ils ne tardaient alors pas à mourir. En toute impunité…

    1988 : • Serge Atchalimondom GNASSINGBE, fut assassiné à Kara, sur les ordres de son père Etienne Gnassingbé Eyadéma, en février 1988. L’enfant avait été envoyé par sa mère à son père pour lui demander s’il était vrai que c’est lui qui a fait tuer son oncle Gaston Charles GNEHOU, comme le disaient ses camarades à l’Ecole en se moquant de lui. Eyadéma n’apprécia pas la question et le fit liquider par son frère Ernest. On annonça alors faussement qu’il s’était suicidé avec son arme. En toute impunité… • John PASS, considéré par les autorités togolaises comme un opposant vivant en exil au Ghana où elles l’ont fait enlever par des membres des services de sécurité togolais, a été assassiné en détention en février 1988. En toute impunité… • Bichara Chaïbo, réfugié tchadien au Togo, fut assassiné par les autorités tchadiennes avec la complicité des autorités togolaises qui l’ont extradé au Tchad, en septembre 1988. En toute impunité…

    1990 : • Il y eut plus de 10 morts, dans la répression du soulèvement qui s’est généralisé aux conducteurs de véhicules de transport routier, aux mois de novembre - décembre 1990 parmi lesquels : le jeune Hunlédé, l’étudiant Tété Adjalogo. En toute impunité…

    1991 : • 5 étudiants furent assassinés lors de la grève et de la marche appelée par les étudiants le 12 mars 1991 pour appuyer leurs revendications corporatives. En toute impunité… • 13 personnes furent tuées à l’occasion de la marche des femmes, le 16 mars 1991, dont Lukman FABUALE, un enfant de 12 ans assassiné par une jeep militaire qui l’a délibérément écrasé une première fois puis, a fait marche arrière, pour repasser sur le corps à nouveau afin de le tuer de façon certaine. En toute impunité… • 2 élèves dont Kossi ADJON (17 ans), furent assassinés alors qu’avec un groupe d’élèves ils tentaient de déboulonner la statue d’Eyadéma devant ce qui s’appelait à l’époque la Maison du parti (actuel Palais des Congrès), le 5 avril 1991. En toute impunité… • 11 avril 1991 : ce fut une terrible découverte macabre. 28 cadavres dont ceux d’une femme enceinte et d’une autre portant un bébé au dos étaient repêchés de la Lagune de Bè. Ils avaient été assassinés puis jetés dans la lagune lors d’une sanglante répression dirigée par le lieutenant Ernest GNASSINGBE, fils d’Eyadéma, la veille au soir, après que le régime RPT ait décrété un couvre-feu qui ne fut annoncé qu’après sa mise en application. En toute impunité… • Plus de 50 morts : c’est le bilan des victimes qu’il y a eu lors des affrontements provoqués par des manipulations interethniques entre communautés Kabyè et Kpélé à Bodjé-Médjé, dans la Préfecture de Kloto, autour de la commémoration de la fête de l’indépendance, le 27 avril 1991. En toute impunité… • Plus de 50 tués : c’est le bilan des victimes qu’il y a eu à Lomé au cours de la première grève générale illimitée jusqu’à la démission d’Eyadéma en juin 1991. En toute impunité… • 2 démocrates ont été abattus par un commando de militaires à Bassar, le 2 juin 1991. En toute impunité… • 31 morts : c’est le bilan des victimes qu’il y a eu lors des manipulations des membres du RPT responsables des massacres de Barkoissi (Préfecture de l’Oti), les 28 et 29 octobre 1991. En toute impunité… • 17 morts : c’est le bilan des victimes qu’il y a eu dans les affrontements manipulés par les hommes de main du RPT à Guerin-Kouka (Préfecture de Dankpen), les 7, 8 et 9 novembre 1991. En toute impunité… • Plus de 30 civils ont été massacrés dans les rues de Lomé lors du putsch qui a commencé le 28 novembre 1991 contre les institutions de la transition mis en place par la Conférence nationale de juillet-août. En toute impunité… • Plus de 400 morts : c’est le bilan des victimes qu’il y a eu lors des massacres à l’occasion de l’assaut sur la primature, le 3 décembre 1991 dont 300 morts environ parmi les assaillants aux ordres d’Eyadéma. En toute impunité…

    1992 : • 3 jeunes hommes : Epiphane DOGBEVI, Rocco MATTHIA, Brodavi de SOUZA, ont été assassinés et jetés à Adétikopé, dans la nuit du 25 au 26 janvier 1992. En toute impunité…

    • 5 mai 1992 : attentat de Soudou. Sur la route menant de Bafilo à Soudou, une délégation de l’Union des forces de changement (UFC), un regroupement de partis politiques, en tournée dans le Nord du pays, tombe dans une embuscade montée contre le convoi de voitures dans lequel se trouve le chef de file de cette coalition de partis, Mr Gilchrist OLYMPIO. Au cours de cet attentat, quatre personnes trouvent la mort : — Marc ATIDEPE, Président de l’Union togolaise pour le Renouveau (UTR) et membre du Haut Conseil de la République ; — Mama Touré MOUSSA ; — Atchankpa Zakari OURO ; — Tchadjobo Alasa SAMA. Plusieurs autres personnes ont été grièvement blessées par balles parmi lesquelles Gilchrist OLYMPIO. Une commission d’enquête internationale de trois membres, mandatée par la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), a mené une enquête sur ces événements du 8 au 13 juin 1992. Selon les témoignages recueillis par cette commission, après l’explosion d’un engin non identifié devant le véhicule où se trouvaient les dirigeants de l’UFC, les trois derniers véhicules du convoi ont été pris sous un tir nourri d’armes automatiques provenant des sous-bois bordant la route. Les conclusions en douze points du rapport de cette mission d’enquête de la FIDH mentionnent notamment : « 1) que l’attentat du 5 mai 1992 survenu vers 12 heures sur la route de Bafilo à Soudou qui fit plusieurs morts parmi lesquels le Docteur ATIDEPE et plusieurs blessés parmi lesquels Gilchrist OLYMPIO a vraisemblablement été préparé et exécuté par des militaires. 2) Que l’importance des moyens utilisés en matériel de guerre, armes automatiques et roquettes, en véhicules (…) et en hommes (…) et la méthode employée (embuscade) laisse présumer la complicité de l’Etat major des forces armées et des chefs de corps de ces militaires, en particulier le colonel AREGBA, commandant du régiment para commando, caserné non loin des lieux de l’attentat. 3) Que le comportement des militaires en cause avant et après l’embuscade montrent qu’ils sont certains d’une quasi impunité. (…) 9) Que même si la vérité des faits est partielle, l’existence d’un complot militaire visant à éliminer physiquement les leaders de l’opposition démocratique est très vraisemblable. 10) Que la liberté de mouvement et l’autonomie d’action laissée au capitaine Ernest GNASSINGBE permettent à celui-ci de se livrer à un activisme incompatible avec son statut militaire. (…) 12) Que le caractère prétorien du régime empêche l’exercice d’une justice indépendante et rend les magistrats et les enquêteurs judiciaires particulièrement vulnérables ». 4 personnes ont donc été tuées lors de cet attentat à Soudou. En toute impunité… • Il y eut plus de 50 morts à la suite de cet attentat, lors des manifestations spontanées qui s’étaient organisées dans le pays pour dénoncer ces assassinats, début mai 1992. En toute impunité… • Plus de 80 morts : c’est le bilan des victimes qu’il y a eu dans la répression militaire qui a suivi les affrontements interethniques à Sotouboua, le 30 mai 1992. En toute impunité… • Tavio Ayawo AMORIN, Premier secrétaire du Parti socialiste panafricain (PSP), membre du Haut Conseil de la République (HCR) et président de sa Commission des Affaires politiques et des Droits de l’Homme, Secrétaire général du COD II, assassiné en juillet 1992. Pour avoir fermement marqué son opposition à la modification du projet de constitution élaboré par le HCR afin de permettre à Eyadéma d’être à nouveau candidat aux élections à la présidence de la République, ce que les décisions de la Conférence nationale souveraine lui interdisait, Tavio AMORIN fut victime d’un attentat. (Il disait notamment :). Le 23 juillet 1992, vers 21 H, il était mitraillé, à bout portant au quartier de Tokoin Gbonvié, à Lomé, par des tueurs qui, assurés de leur impunité, ont signé leur forfait en abandonnant sur les lieux du crime, outre des armes et munitions, leurs cartes professionnelles d’agents des forces de police aux noms de Boukpessi Kpatcha et Karèwè Kossi. Evacué le 25 juillet, dans un état critique, sur l’Hôpital St Antoine de Paris, il devait y succomber le 26 juillet, lendemain de son admission, mais son décès ne fut annoncé que le 29 juillet 1992. Quant à la plainte déposée par la famille auprès des tribunaux togolais, elle est restée sans suite jusqu’à ce jour. En toute impunité… • Plus de 50 morts : c’est le bilan des victimes qu’il y a eu lors de la grève générale et des manifestations spontanées de jeunes qui s’étaient organisées dans le pays pour dénoncer l’assassinat de Tavio AMORIN, après l’annonce de son décès fin juillet 1992. En toute impunité… • 5 morts à Kpalimé (Préfecture de Kloto) : c’est le bilan des victimes qu’il y a eu lors de la répression des manifestations des mois d’octobre-novembre 1992. En toute impunité… • 22 décembre 1992 : le soldat Kodjo TSE, garde du corps du premier ministre Koffigoh, a sommairement été abattu en plein jour, sur le boulevard circulaire, à Lomé, dans son véhicule que ses assassins ont fait arrêter. En toute impunité…

    1993 : • Plus de 500 morts : c’est le bilan des victimes qu’il y a eu lors des massacres de Jardin Fréau, le 25 janvier 1993. En toute impunité… • Plus de 50 morts : c’est le bilan des victimes qu’il y a eu lors des massacres des 30 et 31 janvier 1993 au quartier Bè. En toute impunité… • Datè Isaac GBIKPI-BENISSAN, garde du corps du professeur Léopold Messan GNININVI, enlevé par des membres des forces de répression, a ensuite été assassiné le 1er février 1993. En toute impunité… • Février 1993 : le Secrétaire général du parti d’opposition PAD à Badou, a sommairement été abattu. En toute impunité… • Léopold Amavi AYIVI-GA-TOGBASSA, journaliste, victime d’un attentat dans la nuit du 26 au 27 février 1993, à Lomé, est mort le 29 novembre 1998. Pour avoir écrit dans son journal Ablodé, un article qui ne plaisait pas aux dignitaires du RPT, un commando de tueurs lui fut envoyé qui tira sur lui à l’entrée de son garage. Grièvement blessé, il eut la carotide sectionnée, devint tétraplégique et grabataire, ne pouvant même plus parler ni faire un seul geste. Il est ainsi mort comme une légume après 5 ans et neuf mois d’atroces souffrances. En toute impunité… • Plus de 100 personnes ont été sommairement exécutées lors de l’épuration ethnique et des soldats démocrates de l’armée togolaise dans la nuit du 24 au 25 mars 1993 parmi lesquels :
    -  Le Colonel Tépé, lapidé à mort au Camp RIT ;
    -  Le Général Mawulikplimi Améyi, tué par balles ;
    -  Le Commandant Gnandi Akpo, achevé sur son lit à l’Hôpital du Val de Grâce, à Paris, en France. En toute impunité… • 29 mars 1993 : le soldat Yao Agbémavi AKITI, a été poignardé à mort. En toute impunité… • 3 jeunes démocrates ont été assassinés par les gendarmes à Cinkassé (Préfecture de Tône), le 13 avril 1993 dont Kobik BONDJAGIB, jeune démocrate, assassiné par des gendarmes dans le village de Naki Ouest, le 13 avril 1993. En toute impunité… • 24 août 1993 : le conducteur de taxi-moto transportant Louis AMEDOME, adjoint au maire de Lomé, a été assassiné dans la capitale alors qu’ils apprêtaient le dossier de candidature de Gilchrist Olympio à l’élection présidentielle. En toute impunité… • 22 jeunes ont été assassinés par empoisonnement dans la prison de la Gendarmerie d’Agbandi suite à la répression qui marqua l’élection présidentielle, les 25, 26 et 27 août 1993. En toute impunité… • Plus de 50 morts : c’est le bilan des victimes qu’il y a eu lors de la campagne de boycott de la mascarade d’élection présidentielle du 25 août 1993. En toute impunité… • Enyonam Véronique GERALDO, réfugiée togolaise au Bénin, est morte le 7 octobre 1993, des suites de ses blessures par balles lors d une fusillade au CHU de Lomé-Tokoin. En toute impunité… • Fin 1993 : le Capitaine BITHO de la Gendarmerie nationale a été assassiné par empoisonnement au Palais présidentiel de Lomé II après une rencontre avec Eyadéma. En toute impunité…

    1994 : • Le 3 janvier 1994 : Mme BITHO, épouse du Capitaine BITHO a été assassinée par lapidation au retour de l’enterrement de son mari par des voyous qui ont été envoyés pour lui imputer faussement sa mort. Après l’avoir tuée, ces voyous se sont acharnés sur le corps qu’ils ont mutilé, lui découpant notamment un sein. En toute impunité… • Les soldats AMEGADJI et Djagri N’Teki BABA ainsi que dix autres personnes arrêtés depuis l’annonce de l’attaque contre le Camp RIT en mars 1993 et détenus depuis lors dans le même camp ont été sommairement exécutés le 6 janvier 1994. En toute impunité… • Plus de 200 personnes ont été sommairement exécutées entre les 5 et 8 janvier 1994, après l’annonce de l’« attaque » d’assaillants sur Lomé. En toute impunité… • AMEVO, mécanicien-auto de 37 ans, marié et père de 3 enfants, a été victime d’une exécution extrajudiciaire le 7 janvier 1994 à Lomé. En toute impunité… • 5 morts : c’est le bilan macabre des morts qu’il y a eu au terme d une marche de soutien à Eyadéma en janvier 1994. En toute impunité… • Idrissou TCHAO, chauffeur, enlevé le 25 janvier à Lomé, a été retrouvé assassiné le 26 janvier 1994 à Tsévié. En toute impunité… • Gaston Aziandouvor EDEH, député du CAR élu dans le Yoto, 42 ans ; Prosper Ayité HILLAH et Martin AGBENOU, adjudant chef de gendarmerie à la retraite, enlevés, le dimanche 13 février 1994, avec une quatrième autre personne qui a réussi à prendre la fuite, ont été retrouvés, leurs corps calcinés, dans la voiture brûlée de Gaston EDEH. Trois autres corps dont celui d une femme ont été retrouvés sur les lieux, l un ayant été enterré à la sauvette. En toute impunité… • Trois membres des forces de sécurité et un civil ont été tués lors de l’attaque d’un poste de police à Vogan en janvier et en octobre 1994. En toute impunité… • Le Lieutenant Kossi DOUAYER, a été assassiné par empoisonnement à Lomé, un dimanche et enterré le 23 avril 1994. En toute impunité… • Raphaël Kokou BEDOU, contrôleur au Trésor Public, a été assassiné le dimanche 15 mai 1994, à Lomé. En toute impunité… • Messan Kossi Christophe AGBAKPEM, caissier central à la BCEAO, a été assassiné le vendredi 3 juin 1994. En toute impunité… • Edoh Justin PRINCE-AGBODJAN et Mme Hessa Julienne ADZEH, ont été assassinés le samedi 11 juin 1994. En toute impunité… • Joseph ATSOU, directeur Général de la SOGERCO, a été assassiné le mardi 14 juin 1994. En toute impunité… • Kokou Laurent AGBEMAVO, a été assassiné par un gang dirigé par le Lieutenant-colonel Yoma Narcisse DJOUA, le 16 juin 1994. En toute impunité… • Le policier KPENDJA, a été assassiné à Bassar, le 17 juin 1994. En toute impunité… • Harry TAMEKLOE, 55 ans, électro-mécanicien, père de deux filles, a été assassiné à Kpalimé, le 23 juin 1994. En toute impunité… • Koami Augustin ALLADO-ANKA, 42 ans, entrepreneur du bâtiment, a été assassiné dans la nuit du 17 au 18 juillet 1994. En toute impunité… • L’Officier de police Igné LEKOUTE, a été tué par balles à bout portant par un tir de pistolet du commissaire de police Aklesso TAKOUDA ex commissaire central de Lomé le mardi 19 juillet 1994. En toute impunité… • Fabien Abalo GNASSINGBE, a été assassiné par empoisonnement, le 18 août 1994. En toute impunité… • Deux corps calcinés, d’un homme et une femme, ont été découverts à Davié, le 28 août 1994. En toute impunité… • Tadjou OUMONGOU, jeune homme de 18 ans, a froidement été abattu devant son domicile à Lomé, le mardi 30 août 1994. En toute impunité… • Akué ATCHA KPAKPO, directeur général de l’ASECNA-Togo, a été assassiné par un commando de tueurs, le 25 septembre 1994. En toute impunité… • Clément SALAH dit "Malboro", jardinier à la Présidence de la République, a été assassiné le mercredi 19 octobre 1994 par des hommes de main du Colonel Yoma Narcisse DJOUA qui le considérait comme son rival. En toute impunité… • Le chauffeur Akoé a été froidement abattu par un soldat de la FORS 93 à Lomé, le 18 novembre 1994. En toute impunité… • Koffi KITIKPO, directeur d imprimerie, a été assassiné le 18 novembre 1994. En toute impunité… • Jacques Koami LABA, vendeur de tissu, a été assassiné le vendredi 25 novembre 1994. En toute impunité… • Le béninois Kadani N TOUEMI et un policier togolais ont été tués dans les incidents qui ont dégénéré en drame dans la Préfecture de l Oti, en novembre-décembre 1994. En toute impunité… • Eric Kongo, a été assassiné par un gendarme, le 7 décembre 1994. En toute impunité… • Mr KPANKOU, inspecteur de l Education à Tabligbo, a été assassiné par balles, le 29 décembre 1994. En toute impunité…

    1995 : • Victor AGBEDEVA, chauffeur à la société sidérurgique ATS, a été abattu à bout portant par un commando qui a volé la voiture qu’il conduisait, à une station-service le 6 janvier 1995. En toute impunité… • Delphine AMENYO, a été assassinée en détention après dix sept jours de tortures par les militaires à Kara, en mars 1994. En toute impunité… • David Kossi AKAKPO, ancien collaborateur de Me Ahlonko DOVI, l’ex-président de la CNDH alors réfugié au Bénin, a été assassiné en mars 1995 à Aflao-Akato Demé. En toute impunité… • Plus de 40 soldats ont été sommairement exécutés après l’annonce de la découverte d’un complot au sein des Forces armées togolaises, début avril 1995. En toute impunité…

    1996 : • Le Capitaine AZOTE, renvoyé de l’armée à la suite de l’annonce d’une attaque d’« assaillants » le 23 septembre 1986 puis réintégré dans les rangs de l’armée en 1991, a été abattu par un militaire en janvier 1996. En toute impunité… • Thomas RUPPRECHT, diplomate chargé des Affaires techniques à l’Ambassade d’Allemagne au Togo, a sommairement été abattu par deux militaires à un poste de contrôle devant l’Hôtel Sarakawa, à Lomé, le mercredi 27 mars 1996. Devant le scandale, l’émoi et le tollé suscités par cet assassinat surtout dans les milieux diplomatiques au Togo, le régime d’Eyadéma fut contraint d’arrêter, de faire juger, condamner et détenir à la prison civile de Lomé les coupables. • Komlavi YEBESSE, a été torturé puis abattu sommairement en avril 1996. En toute impunité…

    1997 : • Koffi Amen APETSE dit « Miky », ancien soldat de l’armée togolaise réfugié au Ghana, AGEMOA et un citoyen ghanéen qui l’accompagnait, ont été sommairement abattus par des soldats des Forces armées togolaises (FAT) en février 1997, à Agbadjankin. En toute impunité… • Koffi AMOUSSOU, Messan AMAH et trois autres compagnons, ont sommairement été abattus également par des soldats des FAT en juin 1997, à Asahoun. En toute impunité… • Dosseh DANKLOU et Yakanou AGBODJINSHIE sont morts en détention à la Prison civile de Lomé des suites de leurs tortures au mois de juillet 1997. En toute impunité… • Boukari Abou DJOBO, a été assassiné par empoisonnement le 15 novembre 1997, à Sokodé. En toute impunité…

    1998 : • Nutsukpi ATTISO, est mort en détention à la Prison de Kara en janvier 1998. En toute impunité… • Plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles figuraient aussi bien des civils non armés que des soldats ont été exécutées de manière extrajudiciaire par les forces de sécurité togolaises avant, pendant et après l’élection présidentielle du 21 juin 1998. Telle est la révélation faite par un Rapport d’Amnesty International. Les corps de certaines de ces victimes, qui portaient parfois des menottes aux poignets, ont été retrouvés en haute mer ou rejetés sur les plages du Togo et du Bénin après avoir probablement été jetés d’un avion ou d’un hélicoptère. En toute impunité… • Liman DOUMONGUE, Secrétaire général adjoint chargé du secteur parapublic de la centrale syndicale UNSIT, a été assassiné dans la nuit du 28 au 29 août 1998. En toute impunité… • Koffi Mathieu KEGBE, responsable du CAR dans le canton de Sendomé (Préfecture de Yoto), a été lâchement assassiné par des nervis du RPT, dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 septembre 1998. En toute impunité…

    1999 : • Trois personnes non identifiées ont été tuées par des soldats des Forces armées togolaises (FAT) au poste frontière d’Avéshivé, entre le Togo et le Ghana, le 23 janvier 1999. En toute impunité… • Koffi AGBASSA, réfugié togolais revenant du Ghana, a également été tué au poste frontière d’Avéshivé, le 24 janvier 1999. En toute impunité…

    2000 : • 2 miliciens du RPT sont morts, lynchés au Campus universitaire par les étudiants en grève, à Lomé, le 27 mars 2000. En toute impunité… • Mamva NKELE, diplomate gabonais en poste au Togo, a été assassiné, à Lomé par des inconnus, le 15 avril 2000. En toute impunité…

    2001 : • John NYABLEDJI, est mort en détention à la prison de Kara, dans le nord du Togo, en février 2001. En toute impunité…

    2003 : • Kokou AKAMA, élève d’une école primaire, a été tué par balles par les forces de l’ordre, à Tsévié, le 1er juin 2003, jour de l’élection présidentielle. En toute impunité… • Kossi Messan EGBLA, a été assassiné par les forces de l’ordre à Djagblé (près de Lomé) le 1er juin 2003, jour de l’élection présidentielle. En toute impunité… • Plus de 100 morts : c’est le bilan des victimes qu’il y a eu lors des violences qui ont marqué les deux tours de l’élection présidentielle du 21 juin 2003 et les manifestations de protestation qui l’ont suivie au terme desquelles la réélection d’Etienne GNASSINGBE Eyadéma a été proclamée. En toute impunité… • Deux personnes ont été assassinées par les forces de l’ordre à Mango, au mois de septembre 2003. En toute impunité…

    2004 : • Komi Kouma TENGUE, a été assassiné en détention par les forces de l’ordre à Kévé, en janvier 2004. En toute impunité… • Le sous-brigadier Komlan Anani AZAMATI de la Police nationale, assassiné et jeté dans la Lagune de Nyékonakpoè à Lomé, au niveau de Togbato-Boka, entre le mercredi 28 et le jeudi 29 juillet, n’a pu être retrouvé et repêché que le vendredi 30 juillet 2004. • Les lieutenants Kpandang et Yao MENSAH, sont morts en détention à la prison civile de Lomé. En toute impunité… • Plus de 300 morts : c’est le bilan des victimes qu’il y a eu lors de la bousculade qui a dégénéré en sanglante tragédie au Palais présidentiel de Lomé II à l’occasion d’une Marche de soutien, le 20 novembre 2004. Plusieurs sources indiquèrent qu’il s’agissait de sacrifices humains destinés à assurer plus de longévité à Eyadéma qui était mourant. En toute impunité…

    2005 : L’annonce de la mort du président GNASSINGBE Eyadéma, le 5 février 2005, a ouvert une nouvelle période de terreur au Togo. A la faveur d’un triple coup d’Etat : militaire, le 5 février ; constitutionnel, le 6 février ; suivi d’un autre, électoral, les 24 et 26 juin, s’organisa une succession monarchique de son fils, Faure Essozimna GNASSINGBE au pouvoir, en violation de toutes les dispositions de la Constitution déjà unilatéralement modifiée par le RPT fin décembre 2002. La répression sanglante organisée autour de la mascarade d’élection présidentielle du 24 avril et surtout à partir de la proclamation de ses résultats, le 26 avril, fit plus de 1 000 morts selon la Ligue togolaise des droits de l’Homme (LTDH), de 450 à 500 morts selon la Mission de vérification des faits mandatée par l’ONU, 120 morts selon la Commission spéciale d’enquête indépendante constituée par le gouvernement et placée sous la direction de Joseph Kokou Koffigoh. Cette répression poussa de nouveau à l’exode, plus de 60 000 Togolais dans les pays voisins du Bénin et du Ghana. Parmi toutes ces victimes on compta notamment :

    FEVRIER 2005 :

    • Le lundi 7 février 2005 : 3 prisonniers ont été tués à la Prison civile de Lomé. Parce qu’elle était notoirement surpeuplée avec, à l’époque, un effectif de 1 705 détenus pour des bâtiments qui n’étaient prévus, à l’origine, que pour en contenir 300, les détenus de cette prison s’étaient mutinés pour obtenir une amnistie de leurs peines en criant : « On veut rentrer à la maison ! ». Au lieu de répondre au mouvement avec tact, les gardiens de préfecture préposés à la garde de la prison décidèrent de le réprimer, occasionnant trois morts : — Nicolas K. AMOUZOU, abattu froidement et traîtreusement à la fin de la mutinerie ; — James Obiora EMEKA, mort par étouffement dans une cellule surpeuplée où il a été enfermé à la fin de la mutinerie ; — Souguinimpo SAMBIANI, mort par étouffement dans les mêmes conditions que James Obiora EMEKA. En toute impunité… • Le samedi 12 février 2005 : il y a eu plus de 10 tués lors de la première marche de protestation contre le coup d’Etat du 5 février, appelée à Lomé par une coalition de 6 partis de l’opposition démocratique (ADDI, CAR, CDPA, UFC, UDS-Togo, PSR), parmi lesquels on compte : — Yaovi DAMBARE, tué par balles par les forces de l’ordre ; — Kossi Jean DADZIE, 35 ans, mécanicien, mitraillé par un militaire devant son domicile à Amoutivé-Doulassamé, décédé au CHU Tokoin ; — Bruno Komi ALOFA, jeune lycéen de 19 ans en classe de Première, abattu froidement par balles par des militaires à Bè Kpota ; — Nadjare AWANOU, employé de la STG affecté au gardiennage de la société ITP, tué à bout portant à Bè, en rentrant de son travail ; — Wonekou SOSSOU, tué par balles par les forces de l’ordre ; — Ayao Aurélien ZOZO-AGLAMEY, 39 ans, père d’un enfant, manutentionnaire de la Compagnie Africa Ouest, employé à l’aéroport de Lomé Tokoin, sauvagement battu par les forces de l’ordre jusqu’à avoir des caillots de sang dans le cerveau, au quartier Bè. Il est décédé au CHU-Campus le dimanche 20 mars 2005 des suites de son traumatisme crânien, après 37 jours de coma. — 3 inconnus, abattus froidement par balles par des militaires à Bè Kpota. En toute impunité…

    • Le lundi 14 février 2005, alors que les manifestations se poursuivaient, la répression déchaînée par les autorités illégales occasionnait les morts suivants : — Souley OUEDRAOGO, entrepreneur en transport de nationalité burkinabè, tué par balles par les forces de l’ordre au quartier Bè Kpota, à Lomé ; — Un homme, non identifié, tué à bout portant par les militaires, à Bè NETADI, son corps a été déposé à la morgue au CHU Tokoin de Lomé par la Croix Rouge togolaise. En toute impunité…

    • Les dimanche 27 et lundi 28 février 2005 : il y a eu plus de 8 personnes tuées, après la Marche pacifique de plus de 40 000 femmes qui, tout de rouge vêtues, exigèrent la démission de Faure GNASSINGBE. Cette marche pacifique fut si imposante qu’elle fut l’objet d’une répression sauvage sur sa fin qui s’est poursuivie le lendemain 28 février, occasionnant plusieurs morts parmi lesquels on compte : — Gloria AKAKPO, 19 ans, étudiante en FASEG I à l’Université de Lomé, tuée par des balles qui lui ont été tirées au cou par des militaires, à Adakpamé, alors qu’elle était sur le chemin de retour de chez sa tante ; — 4 morts, noyés dans la Lagune de Bè, comme en avril 1991, et repêchés le lendemain lundi 28 février :  Têko AMOUZOU, 23 ans, menuisier ;  Gbadoé Nicolas GNAZO, 25 ans, photographe ;  Efoé EZE, un élève de 12 ans, auquel les militaires togolais ont ligoté les mains pour le battre sauvagement à mort avant de jeter son corps dans la lagune ;  Koffi KOUDI. — Yao Kokouvi AKPAKA dit Agama, 25 ans, chauffeur, qui, pris dans une fusillade des forces de l’ordre pourchassant des manifestants au quartier Bè Aklassou, reçut une balle à la tête et mourut sur le champ ; — Yao SEDONOU, 30 ans, menuisier, tué à bout portant par balle tirée en pleine tête par un militaire au moment où il allait au W. C. la nuit de ce 27 février 2005, vers 22 h ; — Yao ADOUKPO dit Souza, chauffeur de 35 ans, père de deux enfants, est décédé 3 ans après avoir été blessé à son domicile au quartier Bè-Gakpoto. Lors de la sauvage répression des militaires, ces derniers ont tiré sur son crâne une balle qui lui a arraché le cuir chevelu et une autre balle qui lui a percé la tempe avant de faire éclater l’œil qu’elle a finalement fait sortir par-devant. De difficultés en difficultés, il se retrouva finalement sans soutien avec pour conséquence une aggravation de son état de santé qui évolua vers une infection généralisée à partir du globe oculaire jusqu’aux voies respiratoires, de la fosse nasale jusqu’aux poumons ainsi que de la bouche à tout le tube digestif jusqu’à l’anus. La dégradation de son état l’ayant progressivement fait sombrer dans la déchéance, il mourra après trois années d’atroces souffrances, le jeudi 20 décembre 2007. — Ayi ATTOH, 40 ans, cordonnier, sauvagement battu par les militaires à son domicile au quartier Bè, le 28 février 2005, est décédé plusieurs mois par la suite au Sénégal où il s’est réfugié avec l’assistance du HCR. C’était lors d’une intervention chirurgicale à l’intérieur de la boîte crânienne destinée à lui enlever les caillots de sang qui s’y trouvaient et lui causaient d’atroces douleurs résultant des traumatismes et autres blessures qui lui ont été causées à la tête. Toutes ces victimes faites par les forces de l’ordre après la Marche des femmes sont mortes, En toute impunité…

    MARS 2005 : • Dans la nuit du 6 au 7 mars 2005, il y eut 2 tués dans la Préfecture de la Kara : — Karouming ATCHO, 60 ans, agriculteur, qui, faussement accusé d’avoir assassiné Eyadéma par des « sortilèges », fut d’abord blessé par balles par des hommes non identifiés, dans la nuit du dimanche 13 février 2005. Admis pour des soins au Centre Hospitalier Régional de Tomdè à Kara, il y a finalement été assassiné par des hommes armés, habillés en blouses de médecin qui ont tiré sur lui 18 balles comme ce fut jadis le cas pour Gaston GNEHOU, à Lomé. — Amah KOLOU, ménagère, qui fut assassinée par des balles tirées au juché par les assassins de ATCHO Karouming pour protéger leur fuite au CHR de Tomdè. En toute impunité…

    AVRIL 2005 : • Le 8 avril 2005, 11 personnes ont été tuées par balles par des gendarmes et les miliciens du RPT à Tabligbo (Préfecture de Yoto), lors du soulèvement des citoyens de la ville exigeant leur inscription sur les listes électorales en vue de l’élection présidentielle du 24 avril 2005 : — Koffi AGOSSOU (Ntifafa Komé) ; — Koffi AMEGNIHA (Kpokpokondji) ; — Yaovi ASSIGBE ; — Kodjo ATTISOVI (originaire d’Atikésssimé) ; — Enyonam AZONVI (Kpokpokondji) ; — Kokou EDOH (originaire de Zouvi) ; — Komi HOUNKPATI (Kpokpokondji) ; — Tanti KOUMASSI (Akpadjavi Kondji) ; — Fogan MATI ; — Koffi Noël NOUTSOUGA (originaire de Sikakondji, tué par balles à la gare routière de Tabligbo ; — Philippe Robert. Tous ont été tués, En toute impunité…

    • Le 16 avril 2005 : il y eut plusieurs dizaines de tués par balles par les forces de l’ordre et les miliciens du RPT à Lomé, lors de la campagne de l’élection présidentielle, parmi lesquels on compte notamment : — Kokouvi AGBESSI ; — Koudjo DOSSOU ; — Dodji MESSANVI, enseignant, tué à coups de gourdin au quartier Adéwui par Meza TCHALIM, milicien du RPT ; — Koffi Jérôme AZIAMADI, 25 ans, peintre en bâtiment, assassiné par des balles tirées à bout portant par un groupe de miliciens du RPT dont faisait partie, selon des témoignages concordants, Toto TCHALLA, fils de feu Palli TCHALLA, l’ancien ministre du régime RPT. Ces balles lui ont été tirées au bras, au thorax et à l’abdomen, lui faisant sortir les intestins à l’extérieur de la cavité abdominale, au quartier Avédji. — 9 personnes dont Kodjo Edoh AKOHOUE, tuées par balles au quartier Klikamé par une fille de feu GNASSINGBE Eyadéma. Tous ont été tués, En toute impunité…

    • Le 23 avril 2005 : un milicien du RPT fut électrocuté par le contact avec un câble électrique au départ du camion de la SOTOCO transportant les miliciens du RPT de Kara à Lomé.

    • Le 24 avril 2005, jour de l’élection présidentielle, il y eut plusieurs dizaines de tués au Togo lors de la violence assassine qui s’est déchaînée sur toute l’étendue du territoire national, faisant de ce scrutin une mascarade électorale avec bourrages d’urnes et utilisation de fausses cartes d’électeurs par les partisans du RPT au pouvoir appuyés par l’intervention de militaires, gendarmes, policiers et miliciens du RPT fortement armés tirant des coups de feu dans tous les sens. Ils allèrent jusqu’à voler des urnes dans certains bureaux de vote considérés comme étant des fiefs des partis d’opposition et tuèrent de façon aveugle dans plusieurs localités surtout à l’heure des opérations de dépouillement des bulletins de vote. Ces agressions se sont poursuivies durant la nuit jusque dans les maisons où les forces de l’ordre pénétraient pour tuer et passer sauvagement à tabac les innocentes populations, occasionnant des morts parmi lesquels on compte notamment, A Lomé : — Lamine ABDOUHMANA, tué par balles ; — Leamine DERMANE, tué par balles ; — Idrissou OUGBEDJO, tué par balles ; — Un soldat membre de la FOSEP 2005, tué par des militaires qui ont fait irruption dans l’enceinte du Collège Protestant, au quartier Tokoin ; — Komlanvi AGBATI, abattu de 17 balles dans le corps par les forces de l’ordre devant le bureau de vote de Hédjranawoé ; — Félix Adjé Kokou-Evélia FUMEY-BOTRI, 70 ans, tué par les forces de l’ordre . Tous ont été tués, En toute impunité…

    A Atakpamé : — Yakpon DOSSOU, 18 ans, apprenti-chauffeur à Agbo-Fon, tué par les miliciens du RPT avec des gourdins cloutés qui ont lacéré tout son corps ; — Un inconnu, tué par passage à tabac par les forces de l’ordre et les miliciens du RPT ; — Komivi Noël AGBESSI, apprenti coiffeur, tué au quartier Agbonou-Kpotamé par des miliciens du RPT ; — Dosseh BESSOU, tué par balles ; — Alouha OUGA, tué par balles par les forces de l’ordre et les miliciens du RPT. Tous ont été tués, En toute impunité…

    A Kpalimé : — KPELAM, 18 ans, élève en 1ère année DEP au CRETFP de Kpalimé, tué par balles par les forces de l’ordre. En toute impunité…

    A Salgbe (Préfecture du Moyen Mono) : le Chef Canton de la localité est décédé pendant son transfert à l’Hôpital après avoir été poignardé par les miliciens du RPT, le 25 avril 2005. En toute impunité…

    • Le mardi 26 avril 2005, débutait un génocide sur toute l’étendue du territoire national après la proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle du 24 avril désignant Faure Essozimna GNASSINGBE comme élu. Spontanément, un vent d’indignation et de révolte se déchaîna sur toute l’étendue du territoire national, l’écrasante majorité de la population s’insurgeant contre cette violation flagrante du verdict des urnes, certaine qu’elle était d’avoir exprimée un vote qui ne correspondait en rien aux résultats annoncés, malgré toutes les fraudes qu’il y eut lors du vote du 24 avril. Face à l’expression de cette légitime colère spontanée, le régime RPT illégitime opposa immédiatement une répression sanglante relevant manifestement d’un scénario prémédité, en faisant déployer les unités des Forces armées togolaises (FAT), de la Gendarmerie et de la Police nationales ainsi que ses miliciens sur toute l’étendue du territoire national. Parmi les unités d’élite de l’armée togolaise déployées tout particulièrement dans les préfectures des régions méridionales du Togo considérées comme étant des fiefs des partis d’opposition, on compte les tristement célèbres para-commandos portant des bérets rouges, venus spécialement des Camp Landja de Kara et de Nioupourma et même des mercenaires étrangers dont certains s’exprimaient en anglais. Ils avaient instamment été instruits de déchaîner, partout, une répression sanglante et feront preuve d’une rare bestialité, barbarie et sauvagerie en commettant des tueries massives et autres actes cruels, inhumains et dégradants, avec l’assurance d’être couverts par une totale impunité. Leurs exactions auront une portée dramatique dans certaines localités où enfants, femmes, hommes, vieillards, jeunes ont été tués, des femmes, jeunes filles et même des personnes âgées violées sans ménagement et en toute impunité. Le bilan partiel des tués lors de cette répression sanglante peut s’établir comme suit, selon les différentes préfectures : Préfecture du Golfe : Plusieurs centaines de tués après la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, le 26 avril 2005, à Lomé, parmi lesquels on compte notamment : — Komi Agbéko AKOUTOR, tué par balles ; — Noutekpo ATTITSO, tué par balles ; — Anani DAMESSI (25 ans), tué par balles ; — Kossi DOTCHE, tué par balles ; — Kokou ESSOUGBO, poignardé à mort ; — Yao EKLOU, maître tailleur, tué au quartier Ablogamé-Akodésséwa par des miliciens du RPT dirigés, selon des témoins oculaires, par AGBODJAN Edo et Dosseh, deux jumeaux bien connus dans le quartier ; — Yacinthe HOUSSOUKPEVI, mineur de 13 ans, tué par balles par des militaires au quartier Adamavo-Mayakopé alors qu’il vendait dans la rue des cure-dents pour sa mère ; — Marcellin Kocou FANNOU, mineur de 6 ans, tué par balles par les forces de l’ordre et les miliciens du RPT à son domicile, devant ses parents, au quartier Tokoin-Gbadago ; — Kossi NOUTEKPO, tué par balles par les forces de l’ordre ; — Patrick PATOUA, tué par balles par les forces de l’ordre ; — Abdou SOULEY, 37 ans, tué par balles par les forces de l’ordre ; — Folly Ayi Agbomassou YOVO, 22 ans, élève informaticien, tabassé à mort par les forces de l’ordre ce 26 avril, décédé le 04 juin 2005 au CHU Tokoin des suites des coups qui lui ont été portés à la tête et sur tout le corps. — Deux bébés, enfermés dans un congélateur, à leur domicile, par les forces de l’ordre, retrouvés morts 3 jours après par leurs parents ; — Koffi, tué par les forces de l’ordre près de l’Ecole française, au quartier Nyékonakpoè, après la proclamation des résultats ; — Biham SANTA, 35 ans, policier, sous-brigadier, garde du corps du Procureur de la République, lynché à mort par des jeunes sur lesquels il a tiré à Nyékonakopè-Boka. — Rodrigue Séwa PRINCE-AGBODJAN, 27 ans, tué par balles par les forces de l’ordre, à Bè-Château ; — Biova GAÏTO, 22 ans, étudiant en 1ère année à la FASEG, tué par balles, en plein cœur, par les forces de l’ordre devant le CHR de Bè, non loin de son domicile ; — SOKPO, sauvagement passé à tabac à son domicile par les forces de l’ordre et les miliciens du RPT ; — 2 jeunes ont été abattus par balles à Bè, en bas de la Lagune, par des soldats français ; — Un bébé de 2 mois, tué par les forces de l’ordre qui l’ont trempé dans de l’eau bouillante, à Tokoin–Gbadago ; — Kokou Doh MATREVI, vendeur de chaussures, tué par balles par des miliciens du RPT devant l’Ambassade du Ghana, au quartier Tokoin-Kodomé ; — Éric Tcha SOGOYOU, élève au CERFER, abattu à Tokoin-Casablanca, à côté du Stade d’Agaza, par des miliciens du RPT ; — Akossiwa ATHILEY, 29 ans, tuée par balles par les forces de l’ordre ; — 3 membres de la famille AKOUESSON, sommairement assassinés par les militaires au quartier Adakpamé : • Adoté Germain AKOUESSON, bébé de trois mois, saisi aux deux pieds par un militaire qui a violemment fracassé sa tête contre le mur, le tuant aussitôt ; • Adoté Philippe AKOUESSON, élève en classe de première, mitraillé et tué sur le coup par les militaires parce qu’il protestait contre l’odieux assassinat de son neveu, bébé de trois mois ; • Adovi Norbert AKOUESSON, élève en classe de sixième, mitraillé et tué sur le coup comme son frère Philippe pour les mêmes raisons. — 3 ressortissants maliens brûlés vifs au quartier Adakpamé, lors d’une vindicte populaire dans un climat général marqué par le déchaînement d’un lynchage xénophobe contre les ressortissants maliens pris à partie pour le soutien apporté par les régimes des pays de la CEDEAO au régime RPT ; — Olivier, étudiant, tué par balles à Djidjolé, par des miliciens du RPT ; — Kodjo Magloire ABOTSIVI, coiffeur, tué par balles par les forces de l’ordre au quartier Adidogomé ; — Kossi François ATABOU, 30 ans, chauffeur de taxi-moto, froidement abattu par les forces de l’ordre à Adidogomé-Avatamé, — Koffi AHAMA, battu à mort à son domicile par les forces de l’ordre au quartier Adidogomé ; — Komla YAOGBOTE, tué par balles à son domicile par les forces de l’ordre au quartier Adidogomé ; — Kodjo, 30 ans, coiffeur, tué par balles par les forces de l’ordre à Adidogomé ; — Venyo Kokou AVITY, 25 ans, maintenancier informatique, tué par un milicien du RPT à Adidogomé-Soviépé ; — Welbeck Foulani DOTSE, tué par balles au même moment et au même lieu que Venyo AVITY par un milicien du RPT ; — Un homme, décédé par la suite au Ghana où il s’est exilé, des suites de ses blessures au quartier Adidogomé ; — Komlavi AWUDI, conducteur de taxi moto, tué par balles par les forces de l’ordre au quartier Agoènyivé ; — Etsou MONDZRO, travailleur à Togo Electricité, tué par balles par les forces de l’ordre au quartier Agoènyivé ; — Kodjovi Gnowou DJADE, apprenti tailleur, tué par balles par les forces de l’ordre à Dhapé. Tous ont été tués, En toute impunité…

    • Le 27 avril, lendemain de la proclamation du résultat de l’élection présidentielle, la répression sanglante s’est poursuivie, faisant les morts suivants : — Deux femmes non identifiées, enlevées au quartier Nyékonakpoè à Lomé par des miliciens du RPT, violées, torturées pendant 3 jours dans la brousse sur la route de Lomé à Kpalimé avant d’être tuées par les miliciens du RPT ; — Un homme non identifié, enlevé à Nyékonakpoè par les miliciens du RPT, torturé pendant 3 jours dans la brousse, quelque part sur la route de Kpalimé et tué ; — Sombeze ADAMOU, malien, tué par balles par les forces de l’ordre ; — Laré DANDARGOU, 38 ans, tué par balles par les forces de l’ordre ; — Assouvi, tué par balles par les forces de l’ordre à Bè-Château après le supermarché Tigre ; — François Doussé EKLOU, 31 ans, tué par balles par M. AGBODJAN à Akouélévissimé, quartier Alaglo ; — Aholouvi Emile IBOKOU, 23 ans, tué par balles par M. AGBODJAN à Bè-Klouvi ; Tous ont été tués, En toute impunité…

    • Le 28 avril, la répression sanglante s’est encore poursuivie, faisant les morts suivants : — Kokou AFANLETE, 15 ans, tué par balles par les forces de l’ordre ; — Komlan AMEGANVI, abattu par balles par un soldat français, à Bè-Hédzé ; — Ayi LAÏSON, 27 ans, tué par balles par les forces de l’ordre ; — Patrice BATOMA, tué par les forces de l’ordre au quartier Agoènyivé après avoir été pris au piège des fusillades en venant de la ville d’Atakpamé ; le 29 avril 2005. Tous ont été tués, En toute impunité…

    Préfecture des Lacs : Il y eut plusieurs centaines de tués après la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, le 26 avril 2005 parmi lesquels : A Aného : — Mokpokpo ADJAWA, 19 ans, tué par les forces de l’ordre, par des balles qui lui ont été tirées dans le ventre ; — Tété AGBODAN, 25 ans, tué par les forces de l’ordre, par des balles tirées à l’abdomen ; — Kodjo Sefonou AKLADJA, 22 ans, tué par les forces de l’ordre qui lui ont tiré une balle dans le crâne ; — Kodjo Franck ANANI, 25 ans, tué par les forces de l’ordre qui lui ont tiré des balles en plein visage ; — Akolly ATTISSOH, 28 ans, tué par les forces de l’ordre, par des balles tirées en pleine poitrine ; — Komi AZIAGBA, délégué de la coalition de 6 partis de l’opposition dans un bureau de vote, tué par balles par des militaires portant des bérets rouges qui ont escaladé les murs de son domicile dont ils ont défoncé les portes. — Mokpokpo AZIAWOR, 19 ans, tué par les forces de l’ordre par des balles tirées au flanc gauche ; — Etoname BRUCE, tué par balles par les forces de l’ordre ; — Dodji DJOKO-AKO, 18 ans, élève en classe de seconde, tué par balles par des militaires (bérets rouges). C’est en revenant de l’école qu’elle a reçu 4 balles dans le ventre. — Laté LAWSON-HELLU, 3 ans, tué par les forces de l’ordre par balles tirées en pleine tête et à la poitrine ; — Amélé Jeanne SENAVON épouse MESSANVI, mère de 5 enfants, tuée par balles en pleine poitrine par les forces de l’ordre, devant ses enfants et son mari, à son domicile à Agbodan-Kopé ; — Un homme non identifié, tué par balles par les forces de l’ordre à Aklakou. Tous ont été tués, En toute impunité…

    A Kpémé : — Assou MALLOU, 47 ans, électricien, père de 6 enfants, torturé et abattu de 5 balles par les militaires qui ont fait irruption dans sa maison ; — Agossou KOUMAVO, 17 ans, élève en classe de 3e au CEG, torturé, asphyxié et sauvagement battu à Kpémé par des militaires bérets verts du Régiment commando de la garde présidentielle, ce 26 avril ne mourra que le lendemain 27 avril après une douloureuse agonie. Tous ont été tués, En toute impunité…

    Dans la Préfecture des Lacs, la répression sanglante se poursuivra le 27 avril, occasionnant les morts suivants : — Tété AGBODAN, 25 ans, tué par balles tirées dans le ventre par les forces de l’ordre à Agbodan-Kopé ; — Latévi LAWSON, 55 ans, enseignant à l’EPP d’Anfoin, tué par balles devant son domicile, à Aného, par les militaires en bérets rouges et verts ; — Aklidja SEFONOU, coiffeur, tué par balles par les forces de l’ordre à Aného ; — Amévi AGBIDI, femme enceinte de 7 mois, tuée par balles les forces de l’ordre, à Aného, enterrée à Vogan ; — Un homme non identifié, tué par balles par les forces de l’ordre à Agbodan-Kopé ; — Mensah, 20 ans, tué par balles par des militaires à Kpémé ; — Kokou DAKPON, employé à l’IFG, ex OTP, mort des suites de ses blessures par balles tirées par les forces de l’ordre à Kpémé. Tous ont été tués, En toute impunité…

    Préfecture du Haho : Après la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, le 26 avril 2005, il y eut : — Koffi TOKPO, 12 ans, tué par balles par les forces de l’ordre à Ahépé Notsè ; — Dieudonné GREEM, sauvagement passé à tabac à son domicile par les forces de l’ordre, le 27 avril 2005 à Notsé est décédé à l’Hôpital et fut enterré le 6 mai 2005. Tous ont été tués, En toute impunité…

    Préfecture de Vo : Après la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, le 26 avril 2005, il y eut : — Kokou AMEVI, 25 ans, père d’un enfant, tué par balles par les forces de l’ordre à Vogan, le 26 avril 2005 ; — Kokou YIBOKOU, 25 ans, père de 2 enfants, tué par balles par les forces de l’ordre à Akoumapé ; — Togbé TOUDEKA, 27 ans, père de 2 enfants, tué par balles par les forces de l’ordre à Akoumapé ; — Un inconnu, tué par balles par les forces de l’ordre à Hahotoé ; — Kokou DENOU, environ 29 ans, conducteur de taxi-moto, tué par balles par les forces de l’ordre à Hahotoé, le 27 avril 2005. Tous ont été tués, En toute impunité…

    Préfecture du Zio : Après la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, le 26 avril 2005, il y eut : — Komi Agbéko AKOUTOR, 23 ans, criblé de balles par les forces de l’ordre à l’abdomen avec éviscération à Tsévié ; — Beau-Gars DOUVON, tué par balles par les forces de l’ordre à Tsévié ; — Agbédidi TOKLO, tué par balles par les gendarmes qui ne savaient pas qu’il était un partisan du RPT à Tsévié ; — Folly AZIAWO, passé à tabac par les forces de l’ordre avec fracture du poignet puis achevé par balles à l’abdomen à Tsévié, le 28 avril 2005. Tous ont été tués, En toute impunité…

    Préfecture de Kloto : Après la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, le 26 avril 2005, il y eut : — Palababawi ASSIH, gardien du CHR, décédé par crise cardiaque sous l’émotion de la vue d’un corps décapité et des blessés ensanglantés conduits à l’Hôpital de Kpalimé, le 27 avril 2005.

    Préfecture d’Agou : Après la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, le 26 avril 2005, il y eut : — Deux hommes non identifiés, tués par balles par les forces de l’ordre à Agou-Nyogbo.

    Sous-Préfecture de Kpélé-Adéta : Après la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, le 26 avril 2005, il y eut : — Kodjo Magloire ABOTSIVI, chef de division de Gardiens de préfecture, lynché et décapité par la population à Kpélé-Adéta, le 26 avril 2005.

    Préfecture de Dayes : Après la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, le 26 avril 2005, il y eut : — Senyo DZOTSI, tué par balles par les forces de l’ordre à Dayes ; — Parfaite EKLU, 9 ans, tuée par balles par les forces de l’ordre à Dayes.

    Préfecture de l’Amou : Après la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, le 26 avril 2005, il y eut : — Kodjo AMA, tué par balles par les forces de l’ordre à Amouta I-II/Ogobé ; — Claude AMEGAVI, tué par balles par les forces de l’ordre à Amouta I-II/Ogobé ; — Koadjo SOTOUWOU, tué par balles par les forces de l’ordre à Amouta I-II/Ogobé. Tous ont été tués, En toute impunité…

    Préfecture de l’Ogou : Après la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, le 26 avril 2005, il y eut plusieurs centaines de tués par les militaires du Camp Témédja qui avaient été envoyés à Atakpamé où, aux côtés des miliciens du RPT encadrés par leurs chefs : le Major Kouloune, un brigadier chef à la retraite et le libanais Aboukérim, un commerçant résidant au Togo depuis de longues années, ils réprimèrent sauvagement les jeunes activistes de l’opposition. Ces derniers avaient préalablement dressé des barricades sur la route allant de Kpalimé à Atakpamé. Parmi ces centaines de tués, on compte notamment : — Kotchikpa AGBETOU, tué par balles par les forces de l’ordre et les miliciens du RPT ; — Koffi AKLOBESSE, 67 ans, tué à coups de gourdin près du CEG par les miliciens du RPT ; — AMETALADJO, tué par balles par les forces de l’ordre et les miliciens du RPT ; — ASSOGBA, planteur, tué par balles par les forces de l’ordre et les miliciens du RPT ; — Mensavi ATSOU, tué par balles par les forces de l’ordre et les miliciens du RPT ; — Tombes AWADE, lapidé par les miliciens du RPT après s’être échappé du logement d’un enseignant où il s’était réfugié et qu’ils menaçaient de brûler vif puis, achevé au sol par ces miliciens qui l’ont mitraillé à bout portant ; — BATOMA, tué par balles par les forces de l’ordre au quartier Agbonou - nouveau marché ; — DJAPA, brûlé vif par les miliciens du RPT ; — Mawuena ADOTSI, poignardé, sauvagement passé à tabac puis brûlé vif par les miliciens du RPT pour avoir mené campagne pour les partis d’opposition ; — DOSSEH, vendeur de chaussures, tué par balles par les forces de l’ordre et les miliciens du RPT ; — Sonou Akakpo DOSSOU, directeur de l’Ecole privée MICROSS MAY, tué par les miliciens du RPT qui l’ont découpé en petits morceaux à la machette ; — Koffi Gabriel GATON, apprenti mécanicien, tué par balles par des miliciens du RPT et les forces de l’ordre au quartier Djama Aféyé-Kpota ; — Kossivi Papavi TOMEKPE, chauffeur, tué par balles à son domicile par des miliciens du RPT et des militaires au quartier Djama Aféyé-Kpota ; — Sitou KOUGBLENOU, mécanicien-chauffeur à la SOTOCO, à la retraite, tué à bout portant par balles par les miliciens du RPT et les forces de l’ordre, à son domicile, au quartier au quartier Djama Aféyé-Kpota ; Tous ces trois tués au quartier Djama Aféyé-Kpota : Koffi Gabriel GATON, Kossivi Papavi TOMEKPE, Sitou KOUGBLENOU, furent enterrés dans la même fosse commune, le lendemain 27 avril, dans un climat de terreur généralisé. — Koffi KOGBE, tôlier de vingt-huit ans, tué d’une balle dans le dos par les forces de l’ordre ; — Koffi Zindé HINDE, tué par balles par les forces de l’ordre ; — Kokou, matelassier, tué par balles par les forces de l’ordre et les miliciens du RPT ; — KOTE, tué par balles par les forces de l’ordre et les miliciens du RPT ; — Messan NOUTSOU, ferrailleur-soudeur, tué par balles et découpé en petits morceaux par coupe-coupe par des miliciens du RPT et les forces de l’ordre au quartier Atchrimi ; — Koffi SETCHENOU, tué par balles par les forces de l’ordre et les miliciens du RPT ; — Rigobert SOMON, tué par balles par les forces de l’ordre et les miliciens du RPT ; — Un élève fut tué par le major KOULOUNE lui-même ; — Une femme enceinte, égorgée par des militaires en treillis et des miliciens du RPT ; — WAHABOU, couturière, tuée par balles par les forces de l’ordre et les miliciens du RPT ; — Noël YAO, tué par les miliciens du RPT par des coups de gourdin et de coupe-coupe qu’ils lui portaient alternativement jusqu’à qu’il s’effondre tout en sang et finisse par mourir ; — Deux inconnus, tués par balles par les forces de l’ordre à Anié. Tous ont été tués, En toute impunité…

    Dans la Préfecture de l’Ogou, la répression sanglante se poursuivra le 27 avril, occasionnant les morts suivants : — ADJIBA, tué par le Major Kouloune lui-même ; — AFIDJIGBE, tuée par le Major Kouloune lui-même ; — Kossi BAGA, tué par balles par les forces de l’ordre ; — 162 miliciens du RPT se sont entretués par méprise lors d’affrontements armés entre deux groupes de miliciens du RPT qui ne se connaissaient pas, l’un étant au service du libanais Aboukérim et, l’autre, au service du major Kouloune, les 26 et 27 avril 2005. Tous ont été tués, En toute impunité…

    Préfecture de Tchaoudjo : Après la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, le 26 avril 2005, il y eut : — Walidou KORODOWOU, 21 ans, élève en classe de 4ème, tué par balles par les forces de l’ordre au quartier Salimdé ; — Fousséni FOFANA, 22 ans, apprenti soudeur, tué par balles par les forces de l’ordre devant la maison du ministre Foli Bazi Katari ; — Koumaï TAYIROU, 27 ans, maçon, tué par balles par les forces de l’ordre au quartier Tchawanda ; — Une femme non identifiée, tuée par balles par les forces de l’ordre au quartier Salimdè, le 27 avril 2005. — Donko BAKOU, 36 ans, cultivateur, père de 7 enfants, tué par balles par les forces de l’ordre à Kpobe, le 28 avril 2005. Tous ont été tués, En toute impunité…

    Mai 2005 : Le génocide du 26 au 28 avril 2005 ne s’arrêta pas au mois d’avril. Il se poursuivit jusqu’au mois de mai avec des nouvelles tueries restées impunies jusqu’à ce jour. Parmi les tués au cours de ce mois de mai on compte : — Jean-Marie Mitonwoahu Agbéko ADIGO dit « Gabonais », froidement abattu à son domicile, le 1er mai 2005, à Baguida par des miliciens du RPT se réclamant de Mr Attikpoe, alors directeur de la SNI qui deviendra plus tard ministre de la jeunesse et des sports après cette élection avant de périr dans le crash d’un hélicoptère à Lungi, en Sierra-Léone. Ces miliciens du RPT, qui ont fait irruption dans sa maison entre 22H et 23H, l’avaient menacé dans la journée en lui annonçant qu’ils viendraient l’assassiner cette nuit-là parce qu’il était intervenu pour empêcher les fraudes de leurs partisans lors du vote du 24 avril. S’il a pris le soin d’en informer certains de ses proches, démuni de moyens financiers, il n’a cependant pas pu s’enfuir pour aller se mettre temporairement à l’abri ailleurs. Après avoir fracturé la porte de sa chambre et s’être saisi de lui, les miliciens du RPT l’ont assassiné en lui tirant des balles explosives d’une part au visage, qui lui ont pulvérisé tout le menton droit et, d’autre part, dans l’abdomen et le bas-ventre qui lui ont arraché des morceaux de peau. Il a été tué sur le coup et s’est vidé de tout son sang. — Simon Yawovi HOUNGA, 27 ans, transitaire, décédé au quartier Kodjoviakopé à Lomé, le 07 mai 2005, des suites des blessures par balles qui lui ont été faites à la tête par les forces de l’ordre après 11 jours de coma ; — Kossivi, tué par balles par les forces de l’ordre et les miliciens du RPT à Baguida dans la Préfecture du Golfe, le 8 mai 2005 ; — Abalo Wéléssiourèm PARANI, 42 ans, tué par balles par les forces de l’ordre au quartier Agoènyivé dans la Préfecture du Golfe, le 13 mai 2005. Employé au ministère de la Communication, il a été pris dans les fusillades en arrivant à Lomé, venant de Kara. — Latévi Tchékpoto LAWSON PLACCA, né en 1940, assassiné par les forces de l’ordre à Lomé, le 14 mai 2005. Enlevé dans son quartier, à Nyékonakpoè, par les forces de l’ordre le 13 mai 2005, il a été sauvagement torturé par ceux-ci qui l’ont notamment obligé à ramasser un pneu brûlé. Relâché, mourant, à côté de son domicile le lendemain matin, il est décédé lors de son transport à l’hôpital, le 14 mai 2005. — Anani KLINSSIKOUNOU, tué par les forces de l’ordre au quartier Kodjoviakopé, à Lomé, le 15 mai 2005 ; — Anani ZAMENOU, sauvagement torturé par les forces de l’ordre le 14 mai 2005 à Lomé, mort le 18 mai 2005. Sauvagement torturé d’abord dans sa maison par des membres de la police nationale (brigade antigang) au quartier Kodjoviakopé, le 14 mai 2005, il a été arrêté et détenu à la sûreté nationale où il est décédé des suites de ses tortures le 18 mai 2005. — Flora GALEMODJI dite Guynô, 54 ans, commerçante, tuée par balles par les forces de l’ordre sur la route de Bodjé à Kpélé Adéta (Sous-Préfecture de Kpélé-Akata), le 22 mai 2005 ; — Kouma SEIDOU, tué par balles par un tir des forces de l’ordre aux 2 jambes à Kougnohou. Tous ont été tués, En toute impunité…

    DECES CHEZ LES FORCES DE L’ORDRE :

    582 militaires, gendarmes et policiers ont été tués lors des actions de résistance de la population à la répression que les forces de l’ordre ont déchaînée contre ses manifestations de protestation avant, pendant et après l’élection présidentielle du 24 avril 2005. Selon des sources officieuses provenant de ces forces de défense et de sécurité, ces décès se décomptent comme suit : — Préfecture de Kloto : 450 morts — Préfecture du Golfe : 95 morts — Préfecture des Lacs : 20 morts — Préfecture de la Kozah : 12 morts — Préfecture de l’Ogou : 5 morts.

    2006 : • Moussa Yaya, vendeur, arrêté le 7 mai 2006, est mort en détention alors qu’il se trouvait en garde à vue au cours du même mois de mai. Les membres de sa famille n’ont pas été autorisés à lui rendre visite et n’ont été informés de sa mort que cinq jours plus tard, lorsqu’on leur a annoncé que son corps se trouvait à la morgue Il a été tué, En toute impunité…

    2007 : • Elias Kuessan Biova EKUE-HETTAH, agent de la CEET âgé de 48 ans, père de 4 enfants, a été assassiné, devant la Direction générale de la Police nationale (DGPN) communément appelée Sûreté nationale, le samedi 4 août 2007. Appelé d’urgence pour une intervention à son travail, alors que les forces de sécurité étaient sur la brèche pour interdire une Marche pacifique appelée ce jour-là par 5 organisations (ADDI, Parti des travailleurs, UFC, Afrique tradition, ONUTA), il a été délibérément écrasé par deux véhicules de la Police. Sortis en trombe de la cour de la Sûreté nationale, les conducteurs de ces véhicules l’ont écrasé tout simplement parce qu’il avait été pris pour un manifestant. En effet, sans le savoir, il portait un T-shirt jaune dont des tracts parallèles recommandaient le port aux manifestants, peu avant cette marche pacifique. Il a été tué, En toute impunité…

    * *

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    En conclusion :

    S’il faut compter environ plus de 7 000 morts depuis le soulèvement populaire du 5 octobre 1990 c’est, au total, plus de 10 000 morts qu’il faut déplorer au Togo en 45 ans depuis l’assassinat de Sylvanus OLYMPIO, le 13 janvier 1963 : n’est-ce pas trop pour ce petit pays qui ne compte que 5 millions d’habitants ? On ne peut accepter que de tels crimes d’Etat soient couverts d’impunité ! C’est pourquoi le Parti des travailleurs ne cesse d’appeler à l’unité de toutes les organisations qui se réclament de la démocratie et de la défense des droits de l’Homme pour exiger : 1°) la constitution d’une Commission d’enquête indépendante pour faire la lumière sur tous les crimes commis au Togo depuis l’assassinat de Sylvanus Epiphanio Kwami OLYMPIO ; 2°) la recherche et l’arrestation des auteurs et commanditaires de tous ces crimes afin qu’ils soient traduits devant la Justice togolaise pour répondre de tous ces crimes dont ils se sont rendus coupables à l’endroit des innocentes populations et soient jugés et châtiés conformément aux textes en vigueur ; 3°) les nécessaires réparations à l’endroit des familles de toutes ces victimes pour qu’elles puissent subvenir aux besoins des veuves et orphelins qu’elles ont laissé ; 4°) la fin de l’impunité au Togo.



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