Société


3 juin 2012

Note de Lecture proposée par K. Kofi FOLIKPO [1]

« Ces immigrés européens qui fuient la misère en partant vers l’Afrique. »

par Assanatou Baldé (publié sur www.afrik.com le 31 Mai 2012)

Espagnols et Portugais n’hésitent plus à migrer vers le continent pour chercher du travail. Frappé de plein fouet par la crise économique mondiale, l’Europe a vu les conditions de vie de ses populations se durcir. Pour fuir la misère dans leur pays, certains Européens n’hésitent plus à migrer vers l’Afrique en espérant trouver du travail.

L’Afrique, nouvel Eldorado des migrants européens ? Les Africains ne sont plus les seuls à émigrer pour des raisons économiques et améliorer ainsi leurs conditions de vie. Les Européens sont eux aussi de plus en plus nombreux à migrer. Ces nouveaux migrants se dirigent de plus en plus vers le continent en espérant trouver du travail. A la mi-avril, les gardes côtes algériens ont mis la main sur quatre immigrés clandestins espagnols sur la façade maritime Ouest, comme le rapporte le quotidien algérien Liberté, dans son édition du 17 avril 2012. Il s’agit ici d’un fait très inattendu, puisque, en général, ce sont les immigrés africains qui sont interceptés aux abords des côtes espagnoles.

Rêves d’exil vers les terres africaines

La raison qui a poussé ces quatre jeunes Espagnols à migrer vers les terres africaines ? La crise économique mondiale qui mine l’Espagne depuis plusieurs années. Ces jeunes comptaient se diriger vers Oran qui compte de multiples sociétés espagnoles. Ils espéraient ainsi être embauchés par l’une d’entre elles. Selon Liberté, ils ont perdu leur travail au sein d’une société qui a fait faillite en Espagne et fait une demande de visas pour migrer en Algérie.

Les Espagnols ne sont pas les seuls en Europe à rêver de trouver un emploi en Afrique. Leurs voisins portugais sont également nombreux à tenter leur chance en Angola, ex-colonie portugaise. Le 2 février, vingt Portugais ont été interpellés à l’aéroport de Luanda, capitale angolaise, par le service des migrations et des étrangers. Ils ont été renvoyés par la suite vers Lisbonne, la capitale portugaise car leurs visas étaient considérés comme faux par les autorités angolaises. Ces migrants ont affirmé à une chaine de télévision avoir été enfermés dans une salle de l’aéroport où ils auraient été menacés.

42 travailleurs au noir portugais expulsés d’Angola

Le ministre des Affaires étrangères portugais a tenté de calmer la situation, promettant de «  rechercher, avec les autorités angolaises, les voies et moyens pour prévenir ce genre de problèmes ».

Selon un responsable angolais des services de migration, « ces Portugais se sont vu refuser l’entrée sur le territoire angolais pour diverses raisons : manque de moyens de subsistance, visa expiré, mauvais état du passeport, non-paiement d’une amende pour un précédent séjour illégal en Angola et outrage à l’autorité ».

Le nombre d’immigrés portugais fuyant la crise économique au Portugal pour l’Angola est en effet en forte augmentation. En juillet 2011, quarante-deux portugais qui travaillaient au noir en Angola ont été expulsés. Face à ce flux qui prend de l’ampleur, « l’Angola ne fait qu’appliquer de manière rigoureuse les bonnes pratiques internationales en matière de migration », assure ce responsable angolais.

« Et si les jeunes Européens traversaient la Méditerranée pour émigrer ? »

L’Angola et le Portugal ont pourtant signé un accord le 15 septembre 2011 qui vise à faciliter les

conditions d’octroi des visas d’entrée entre les deux pays. Cet accord conclu à Lisbonne par Georges Chikoti, ministre angolais des Affaires étrangères et son homologue portugais Paulo Portas, permet aussi des entrées multiples dans les deux pays ou la prolongation du séjour si le visa expire.

La presse portugaise n’a pas manqué de faire le constat de l’augmentation du nombre de migrants portugais en Angola. Selon un quotidien de Lisbonne, en 2006, seulement 156 visas de Portugais en partance vers l’Angola étaient recensés. En 2011, leur nombre a explosé, atteignant 23. 787. En 2012, on compte près de 100 000 Portugais résidant en Angola, soit le triple des Angolais installés au Portugal. Une migration que les autorités portugaises encourageraient, selon le journal camerounais Camer.be. Un éditorialiste portugais indiquait d’ailleurs récemment : « La vieille Europe déprime. La zone euro est au bord de l’implosion et la récession menace. En Afrique, la croissance économique se maintient. Et si les jeunes Européens traversaient la Méditerranée pour émigrer ? » Et si un jour l’Afrique devenait un réel Eldorado pour tous ceux qui souhaitent fuir la misère en occident ?


[1] : Contacts : PYRAMID of YEWE

CH-5400 Baden (SUISSE)

E-Mail : Kofi.Folikpo@hotmail.com

Téléphone : +41’ (0)78’ 754’ 57’ 86


Vous avez dit

1    2012-06-03 12:09:10   noulagnon

  • Lu pour vous

    Jean-Paul Pougala Comme il semble loin, le temps où pour consoler les Européens de leur misère, les journaux télévisés européens aimaient mettre à la une les photos des enfants Noirs dénutris. Aujourd’hui, des pays comme l’Ethiopie ont atteint en 2010 un taux de croissance à 2 chiffres. Tout le monde l’a compris, seuls peut-être les Africains de la diaspora qui sont pour la plupart dans une posture de catastrophisme, qui fait qu’on a souvent envie de leur demander sur quelle planète ils vivent. Il est temps que nous abandonnions nos petits privilèges en Occident et la position facile de la critique et de la dénonciation pour rentrer former nos jeunes. C’est notre opération EXODUS. L’Afrique a besoin de tous ses fils et toutes ses filles pour consolider la forte croissance en cours. C’est dans cette logique que je viens d’accepter de rentrer mettre mon savoir au service de la formation et de la conscientisation de nos jeunes. Pays de destination : Cameroun Matière à enseigner : Géostratégie C’est la première fois que je vais enseigner en Afrique. Le but est de contribuer à la dés-infantilisation de nos jeunes pour les amener à comprendre le monde et les différentes stratégies qui le gouvernent, pour qu’ils soient capables de prendre en main leur propre destin d’abord et celui de notre continent ensuite. Ils doivent être des protagonistes, des acteurs et non des sujets en attente de l’hypothétique providence. Lorsqu’un jeune quitte les bancs de l’enseignement supérieur, il doit pouvoir créer du travail, son propre travail, créer de la richesse et non plus multiplier des demandes d’emplois ou les concours dans l’administration publique. La tache est rude, et c’est justement le défi et la mission de chacun de nous : partager nos connaissances avec les nôtres, partager nos expériences avec nos jeunes pour accélérer le processus pour la conquête de la dignité humaine dans notre chère Afrique. N.B. Il ne s’agit pas d’imaginer toute la diaspora de retour comme des enseignants de profession, non ! Le transfert à la jeunesse africaine de connaissances muries sur d’autres continents, à hauteur de quelques heures de notre temps par semaine aurait des conséquences positives incalculables sur le devenir du continent si chacun de nous s’y met. Le taux de croissance toujours très soutenu ne va pas toujours de paire avec une disponibilité locale de ressources humaines adéquates. Ce serait dommage que ce vide ne soit pas comblé par nous. Nous avons le choix entre laisser nos places en Afrique occupées par les "Coopérants" non qualifiés, avec les rafistolages et leur médiocrité évidente que nous connaissons, pendant que nous cumulons nos prestigieux diplômes mis au placard, pour laver les chiotes ou tout simplement passer notre vie à subir l’apartheid dans une Europe mourante. Nous assistons déjà à l’exode des pauvres Européens vers l’Afrique. L’avenir de l’Europe est très sombre. Nul ne sait comment ils viendront à bout de la très grande désertification industrielle en cours. en Espagne par exemple 20% de la population est sans emploi dont 50% des jeunes de moins de 25 ans sont au chômage. Dans les pays dits "riches" de l’OCDE, on compte aujourd’hui 44 millions de chômeurs. La réaction naturelle est cet assaut de l’Afrique qui vit le début de sa gloire économique. En 2010, l’ambassade d’Angola à Lisbonne a reçu 30.000 demandes de visas des Portugais voulant fuir leur pays pour aller vivre en Afrique, c’est-à-dire 115 demandes par jour ouvrable. Luanda a ainsi été la première capitale africaine à fixer un numerus clausus (quota, nombre maximum) par an d’Européens qui peuvent se rendre en Afrique. Et quelques mois ont suffit pour remplir ce quota. Les contrevenants payent par des peines de prison. C’est ainsi que dans plusieurs pays africains, la première cause d’emprisonnement des Européens est l’immigration clandestine. L’Afrique fait déjà rêver les jeunes Européens. Aux Africains de la diaspora de le comprendre et de prendre leur place dans cette nouvelle Afrique qui voit le jour malgré l’assassinat de nos chefs d’Etat qui osent travailler pour que cette prospérité soit possible et profite d’abord aux populations africaines.

2    2012-06-03 13:55:33   Corneille

  • Je ne sais vraiment pas où l auteur de l article veut en venir. Devrions nous dorénavant être fiers que notre continent attire de plus en plus des ressortissants de certains Pays occidentaux ? J aurais souhaité qu il tire une conclusion comme à son habitude. Cela me plairait de lire son analyse de "l Afrique comme nouvel eldorado de certains ressortissants occidentaux". Pour ma part, je suis inquiet du fait que nos Pays souffrent de taux de chômage des jeunes qui restent très élevés.

3    2012-06-03 14:02:01   Dameona

  • Ah Ah Ah……………. Enfin, nos brousses africaines attirent du monde. J’espère que nos frères ne vont pas attendre et vont devoir prendre un visa pour regagner leurs brousses natales….Pensez aussi à acheter un lopin de terre et pourquoi pas investir avant que tout soit pris encore une fois par les Européens qui risquent de nous expulser vers la Grèce ou la Roumanie….

4    2012-06-03 18:18:27   Bilazi

  • C´est un signe que le monde est en perpetuel mouvement. La preuve ;certains pays comme le Niger, Ghana ,Tchad, Soudan sont devenus producteurs de pétrole. Peut-être que d´ici peu d´autres pays seront producteurs d´autres minerais . Le souhait serait que la nouvelle richesse ameliore les conditions de vie des Africains.

5    2012-06-04 13:38:42   Mawaa

  • Sans démocratie, toute cette gymnastique n est que feu de paille, exactement comme les orpailleurs d Amérique du Sud.



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A propos de l'auteur


Komdedzi Kofi FOLIKPO, né le 17 avril 1964 à Kpalimé (TOGO), est Germaniste (Université de Lomé, Promotion 1988), Linguiste (Universität Bielefeld en Allemagne, Promotion 1996), Ingénieur en Informatique (Université de Marne-la-Vallée en France et Université de Genève en Suisse, Promotion 1999) et Interprète-Traducteur assermenté (Zürcher Hochschule für angewandte Wissenschaften en Suisse, année 2007).

Il travaille depuis quelques années principalement comme Ingénieur en Informatique et Desk-top Publisher à titre indépendant pour les entreprises, les Institutions et les Particuliers.

Il est le Fondateur et le Coordinateur Général de l’Organisation citoyenne panafricaine PYRAMID of YEWE dont les objectifs sont entre autres la défense et la promotion des Valeurs culturelles, sociales, spirituelles et mystiques des Peuples Africains et de leur Diaspora à travers le monde.

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E-Mail : Kofi.Folikpo@hotmail.com ,

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