Société
29 juin 2012
Roger Yao Dogan, un exemple de professionnalisme dans les médias
Pour les plus jeunes, son nom ne dit pas grand-chose. Mais il fut à une certaine époque, l’un des meilleurs présentateurs du Journal Télévisé chez nous. En séjour médical en France, le journaliste Roger Yao Dogan souffrant du cancer de la prostate, s’est éteint le mercredi 27 novembre 2012 dans un hôpital à Bordeaux, chef-lieu de l’Aquitaine. Son corps y sera incinéré dans matinée du samedi 30 juin 2012 et les cendres inhumées par la suite dans le Kloto, sa région natale.

Ecrit par Ekoué Satchivi
En ces années-là du système de parti unique, notre télévision nationale, la fameuse Radiotélévision de la Nouvelle Marche (RTNM) aujourd’hui la TVT était plus qu’un outil de propagande au service du régime au pouvoir. Le style sobre mais captivant, Yao Dogan était de ces rares présentateurs de JT qui non seulement accrochaient mais forçaient l’admiration de la portion congrue des téléspectateurs se bousculant devant leur petit écran pour suivre les actualités.
Un bon présentateur du JT à 20 heures. « A mon avis humble, Yao Dogan a marqué son temps par son sens aigu de la profession même s’il n’avait pas la popularité d’un Latévi Ebenezer Lawson, d’un Kouessan Yovodévi ou d’un Djagba Yempabou » a déclaré Folly Adjeoda, un employé à la retraite de la défunte OPAT à Lomé.
Bien de gens doivent encore se souvenir de ce présentateur au dicton correct, qui en cette funeste nuit du 29 juillet 1992, deux décennies déjà, mit un terme à sa présentation des nouvelles télévisées par le décès à Paris en France de Tavio Amorin, jeune leader du Parti Socialiste Panafricain (PSP) des suites de l’attentat dont il fut l’objet quelques jours auparavant dans les rues de Tokoin –Gbonvié. Un crime signé Kossi Karewé et Yodolou Boukpessi au nom des forces obscures et ennemies de la démocratie en gestation au Togo.
Enseignant avant d’entrer dans les médias
Yao Dogan fut d’abord enseignant à l’Ecole primaire publique de Tokoin –Kodomé, un quartier de Lomé, avant de faire carrière dans la presse comme bien avant lui ses devanciers, Ferdinand Sémého Quadjovie, ancien patron deTogo –Presse ; Benoît Messan Gnamey, reporter sportif émérite à Radio Lomé ou le regretté Félix-Aurélien Boccovi, le champion de l’émission enfantine à la radio tout comme à la télévision.
Aussi Reporter sportif, Yao Dogan avait non seulement présenté le magazine sportif sur la défunte RTNM, mais commenté ensemble avec Maurice Mana Palanga et Badjibassa Babaka, de nombreuses rencontres sportives internationales du Togo. Il avait été interdit d’antenne tout comme Adrien Béliki Akouété, Younglove Amavi, Ziggar Allaga le 16 novembre 1992, jour du déclenchement de la grève générale illimitée lancée par le COD2 et un collectif de syndicats notamment le Syndicat des Agents de l’Information, Techniciens et Journalistes des Organes Publics (SAINTJOP), dont ils étaient affiliés.
Muté par la suite au Service du Cinéma et des Actualités Audiovisuelles (Cineato ) rebaptisé Centre National de Production Audiovisuelle ( Cnpa ), par dérision un « garage » pour des journalistes de médias publics n’aimant pas se faire guider, Yao Dogan , le self-made –man sut gérer cet « échec professionnel » à lui imposé. On verra rebondir autrement l’ancien présentateur JT à la télévision togolaise.
Refusant de subir le coup, il transforma cette claque en expérience positive. Yao Dogan apportera sa maîtrise et ses connaissances en matière des médias en qualité de Conseiller à la rédaction de la Radio Nostalgie (Légende Fm) à Lomé. Ils sont nombreux ces journalistes et animateurs de cette station flanquée au pied de la colline qui mène au CHU de Tokoin à se rappeler de sa rigueur dans le traitement et la présentation de l’information. Yao Dogan a été également Correspondant pour le Togo de l’Institut Panos Afrique de l’Ouest (IPAO) basé à Dakar au Sénégal, mais aussi Consultant RFI sur des questions culturelles et musicales.
Lors des manifestations marquant le cinquantenaire de l’accession du Togo à la souveraineté internationale, Yao Dogan, le mélomane averti, eut le culot d’organiser en août 2010 à Lomé avec le promoteur culturel Malick Ayeva, un grand concert réussi dédié aux vieilles gloires de la chanson togolaise.
Bosseur, affichant toujours une certaine élégance, Yao Dogan selon les propres termes de l’écrivain Kangni Alem, restera un exemple de professionnalisme dans les médias. En héritage, il nous laisse le magazine L’Bala dont il était le concepteur. Compassion émue de toute la presse togolaise à la famille de l’ami et confrère, mais surtout à sa veuve, Vicky Byll, ancienne speakerine à la RTNM.
© Copyright
1 2012-06-30 03:18:23
kodjo epou
Cet espace-temps n’est pas consacré au deuil, au tribut d’éloges et de larmes mais, à l’information, à la réflexion sur les sujets brûlants d’intérêt public et national. Qu’il plaise aux lecteurs qu en reaction au post du compatriote Satchivi, j’en fasse usage – l’occasion fait le larron – pour pleurer un ami, Roger Yao Dogan. Un serviteur de l’état dont la voix et la plume ont inspiré plus d’un. Sa mort, au-delà de sa famille, et du cercle restreint de ses amis, afflige les nombreux admirateurs du talentueux journaliste qu’il fut. L’illustre disparu ne sera pas inhumé, dans son intégrité physique, dans un endroit qui lui est familier mais incinéré en terre lointaine de Bordeaux où il était allé chercher la guérison. Quand est-ce que le Togo va commencer à magnifier ses hommes de valeurs ?
La tradition, dans les sociétés modernes ou l’être humain revêt toute son importance, veut qu’un hommage particulier soit rendu, à leur mort, aux citoyens ordinaires qui se sont fait distinguer dans leur carrière professionnelle ou accompli des taches qui rehaussent l’éclat de la nation. Cette pratique stimule les jeunes, les pousse au courage, à la conquête du mérite. Au Togo, elle n’a jamais fait partie de l’agenda du pouvoir, privant ainsi les valeureux fils du pays de la reconnaissance qui leur est normalement due, de leur vivant comme à leur mort. Ce manquement est une catastrophe : nos jeunes découvrent un vide terrifiant lorsqu’ils cherchent des repères, des figures emblématiques ayant marqué un domaine de l’histoire, capables de guider leur choix d’avenir. Ce n’est pas parce que notre Etat, constamment défaillant, n’a pas de cœur que nous, citoyens ordinaires, devons, nous aussi, refuser d’en avoir un. Pour ma part, il me plait d’exprimer, par des mots, ce que ressent le mien. Ce sera, modestement, ma façon de partager la vive douleur de la veuve, Vicky, des orphelins que « Fo Roger » a laissé derrière.
A vous Vicky. Je ne chercherai pas à calmer votre douleur, je pleure avec vous. Celui que nous venons de perdre était un ami, un grand frère, une idole ; il l’avait prouvé, à nous et à l’Etat, par de nombreux services ; si quelque chose peut cependant modérer notre affliction, c’est le souvenir de ses vertus ; aujourd’hui il doit jouir de la félicité réservée aux hommes de bien. Vous savez, chère madame, vous qui aviez été le témoin de toute les actions de sa vie, qu’il méritait un petit geste de solidarité, une reconnaissance de l’Etat qu’il a servi. Roger a été un homme de bien. Que cette pensée au moins nous fasse nous résigner aux volontés de Dieu ; nous devons encore l’adorer quand il nous porte ses plus rudes coups ! Cette perte énorme, comme bien d’autres, fait partie des grands avertissements pour nous détacher de ce monde, où nous ne faisons que passer. Nous reverrons celui qui nous fut si cher, madame ; Dieu laisse cet espoir à l’homme.
En attendant, songez que des devoirs sacrés, et votre tendresse même, vous retiennent encore sur la terre et vous obligent à supporter vos peines avec courage : vos enfants. Ils n’ont plus que vous et, à chaque instant, vous rappelleront leur excellent père. Que votre douleur s’atténue en voyant revivre en eux celui qui n’est plus.
J’étais l’ami de votre respectable mari qui avait, avec les Badjibassa Babaka, Efoe Messan, Obossou Emawo et autres … Latévi Lawson, inspiré ma plume, à la Rédaction de la TVT. Votre talentueux mari, moi-même et les autres, avions, à notre corps défendant, magnifier la dictature et avec le même entrain, le même talent, saluer l’avènement de la démocratie. Parfois, au prix de notre vie. Roger, après plus de vingt ans de fortunes diverses, est mort sans jamais voir murir les fruits de son travail. Oui, il a été, pour tout illustrer, payé en monnaie de singe. Mais, Madame, rassurez-vous que demain, pour vos enfants, sera différent. Veuillez agréer, madame, le même attachement pour vous et vos enfants ainsi que l’expression de ma douloureuse sympathie.
2 2012-06-30 12:28:49
Zongo Medzina
3 2012-07-01 10:16:21
Lèguèdè
Comme le dit une chanson funéraire de ma tradition "...nous sommes en transit sur cette terre et l´au-delà est notre demeure".
Mr. Dogan faisait partie de ces journalistes qui nous donnaient envie de regarder le JT de 20h sur la télévision togolaise, une boîte de propagande qu´on appelait la Radiotélévision de la Nouvelle Marche (RTNM. Ils s´étaient illustrés par leur professionalisme dans les années 1990 au début de notre "transition démocratique". Il s´agissait entre autre de Latévi Lawson, Badjibassa Babaka, Kouessan Yovodévi, Efoé Messan, Yao Dogan et Sophie Ekpué. Mais au Togo des Gnassingbé où le mérite et le professionalisme ne sont pas du tout appréciés ces journalistes ont été tous "garés" dans d´autres services. A leur place on a fait venir des gens qui ont des difficultés à déchiffrer certains mots au point qu´on se demande s´ils ont jamais fait la phonétique et la lecture dans leur vie !
Adieu Mr Yao Dogan et que la terre vous soit légère !
4 2012-07-02 21:45:18
Nyadéléassiwoa
Effectivement, ils sont pratiquement tous partis, ces valeureux journalistes qui ont fait la fierté du métier. Certains se retrouvent au delà de nos frontières. Yao, que la terre te soit légère. C est le lieu de rappeler toute notre déception lorsque nous voyons ce que notre ami YOVODEVI est devenu aujourd hui avec ses éditoriaux à faire dresser le cheveux sur la tête d un rasé
5 2012-07-03 07:22:06
Camus Ali
Trêves à toute sorte d idôlatrie. Et le Grand Camus s il mourait le Togo va csser de respirer ? Yao Dogan est mort. Jeune je le voyais aussi venir chanter les éloges du géneralissime défunt et me demande maintenent depuis quand il fut un grand homme. Non ! Même si le mort est le dernier cadeau fait aux vivants, cessez de magnifier des plumes qui n ont rien ajouté aux Togolais. Quel article a t-il sorti pour avoir une si grande Grandeur depuis qu il est mort ? Et Camus Ali s il mourrait alors vous allez écrire de stas de livres ? Non on magnifie quelqu un qui est allé au delà de sa force mentale et physique pas quelqu un qui vient lire au journal télevisé ce qu il doit lire. Paix a son Âme et condoléances à sa famille.
|
|
|
|
|