Politique


29 juin 2012

Le FRAC dénonce et condamne fermement l’usage de la violence gratuite et de la terreur par le régime togolais ainsi que les assignations à résidence répétées de son leader Jean-Pierre FABRE

COMMUNIQUE

Notre pays le Togo aura connu, au cours de ce 2ème trimestre de l’année 2012, une véritable recrudescence de violences et de la terreur exercées à l’encontre des populations par les forces de police et de gendarmerie ainsi que par les milices du RPT, délibérément manipulées et instrumentalisées à cet effet par le gouvernement et le chef suprême des armées, dans le seul but de maintenir en place, le régime RPT aujourd’hui déguisé en ‘’UNIR’’. En effet :

Les 12, 13 et 14 juin 2012 lors d’une marche pacifique suivie d’un sit-in pour lesquels toutes les formalités administratives exigées par la loi en vigueur avaient été accomplies, les responsables du Collectif ‘’SAUVONS LE TOGO’’ (CST), les militants, les manifestants et les populations togolaises ont été la cible d’un déchainement de violence inouïe de la part des forces de sécurité.

Après avoir méthodiquement bouclé toutes les voies de sortie du grand carrefour Decon à Lomé, lieu du sit-in, les forces de police et de gendarmerie ont sauvagement réprimé la manifestation : tirs à balles blanches et grenades lacrymogènes à bout portant, courses poursuites, passages à tabac et arrestations arbitraires, y compris dans les domiciles privées et jusque dans l’enceinte d’une mission catholique. Des écoliers en examen de fin d’années dans les salles de classe ainsi que des fidèles en prière au sein de l’église n’ont pas été épargnées par les tirs d’armes à feu et de grenades : la Conférence des Evêques du Togo a exprimé sa vive réprobation à travers un communiqué en date du 19 juin 2012.

Les jours qui ont immédiatement suivi cette répression barbare ont vu des arrestations intempestives et arbitraires des responsables du Collectif, dont un ancien président de l’Assemblée nationale bénéficiant, ès qualité, d’une immunité parlementaire. Des manifestations similaires organisées ou en cours d’organisation dans d’autres villes du pays, notamment à Aného, Tsévié, Kpalimé, Atakpamé, Sokodé, Kara et Dapaong, ont été étouffées ou réprimées.

Bilan provisoire des évènements : au moins trois morts, plus d’une centaine de blessés, dont des écoliers asphyxiés par les grenades tirées dans leurs salles de classes, au moins 75 manifestants arbitrairement arrêtés dont 54 encore détenus actuellement, des véhicules, des matériels de sono, de podium et d’intendances saisis. Des dégâts ont également été causés aux portes et aux vitraux de l’église prise pour cible par les forces de l’ordre qui, selon le clergé catholique, se sont rendus coupable de sacrilège par la profanation du Très Saint Sacrement exposé à l’Autel ce jour-là !

Les samedis 16 et 23 juin 2012, dans le but délibéré d’empêcher l’expression du mécontentement populaire grandissant, des effectifs impressionnants des forces de sécurité investissent les points de départ et d’arrivée des marches pacifiques de protestations organisées par le FRAC et son allié, le Parti des Travailleurs. Le 16 juin 2012, le Président National de l’ANC et le Président de l’ADDI sont assignés de fait à résidence, par un dispositif disproportionné de policiers et de gendarmes qui les ont empêchés toute la journée, de sortir de leurs domiciles respectifs. Le 23 juin 2012, le leader de l’ANC et leader du FRAC, est encore assigné à résidence par le même dispositif disproportionné, qui n’a pas hésité à user de grenades lacrymogènes et d’exactions diverses pour empêcher M. Jean-Pierre FABRE de circuler librement.

Il y a lieu de rappeler :

• que le vendredi 27 avril 2012, jour de la commémoration de l’anniversaire de la fête nationale de l’indépendance du Togo, une manifestation pacifique du même Collectif ‘’SAUVONS LE TOGO’’ est sauvagement réprimée par les forces de l’ordre. Bilan : une cinquantaine de blessés dont une douzaine graves parmi lesquels le journaliste Noël TADEGNON de Reuters Television, dans l’exercice de ses fonctions. Les forces de l’ordre procèdent également à des arrestations arbitraires et confisquent des matériels de reportage ainsi que des motos et des vélos des manifestants.

• que le vendredi 20 avril 2012 dans la soirée, de lugubres individus répondant aux signalements des miliciens du RPT, tentent de porter atteinte à l’intégrité physique du Président de l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT), Me. Jil-Benoît AFANGBEDJI, également membre du bureau de la coordination du Collectif ‘’Sauvons le Togo’’.

• que dans la nuit du dimanche 15 au lundi 16 avril 2012, une tentative d’assassinat est perpétrée devant le domicile du Président de l’OBUTS, M. Agbéyomé KODJO. Les agresseurs tentent d’étrangler leur victime, lui assènent plusieurs coups de couteau, le traînent au sol et l’abandonnent avant l’arrivée de voisins alertés par les cris de détresse.

• que le vendredi 6 avril 2012 dans la matinée, le député Tchagnaou OURO-AKPO de l’ANC est victime d’une tentative d’enlèvement à son bureau à Lomé, par des éléments de la Garde Présidentielle (bérets verts) qui avaient pour mission de « l’emmener ». La tentative échoue grâce à la vigilance du député.

L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), le Pacte Socialiste pour le Renouveau (PSR), l’Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral (ADDI), Sursaut–Togo, constitués en Front Républicain pour l’Alternance et le Changement (FRAC) et le Parti des Travailleurs, constatent que par ces actes illégaux, antidémocratiques, anticonstitutionnels et criminels, le régime RPT, sous son nouveau déguisement UNIR, continue d’attiser et d’entretenir un climat politique traumatisé, malsain et impropre à des discussions politiques franches, sereines et susceptibles de régler durablement la crise qui mine le pays depuis des décennies.

L’approche d’échéances électorales constitue toujours pour ce régime l’occasion de mettre en branle son arsenal de violence et de terreur, dans le but d’intimider et de décourager les populations, notamment les militants de l’opposition, de les contraindre à l’exil et de les empêcher d’exprimer librement leurs suffrages.

En réaffirmant leur pleine adhésion à la plate-forme du CST, le FRAC et le Parti des Travailleurs dénoncent et condamnent fermement l’usage de la violence gratuite et de la terreur par le régime togolais pour étouffer les droits et libertés des citoyens et pour empêcher la libre expression du suffrage populaire.

Le FRAC exige une enquête indépendante sur les exactions des forces de sécurité au cours de ces derniers mois pour en identifier les auteurs et commanditaires afin de les traduire devant les tribunaux.

Le FRAC et le Parti des Travailleurs demandent au gouvernement de respecter les droits et libertés des citoyens garantis par la Constitution et de prendre les mesures appropriées :

• pour assurer la libre circulation des leaders du FRAC ainsi que le libre exercice de leur droit à organiser et à prendre part à des manifestations pacifiques ;

• pour procéder à la libération immédiate de toutes les personnes arbitrairement détenues ;

• pour assurer efficacement la sécurité des citoyens togolais, notamment les responsables politiques et ceux des organisations de défense des droits de l’homme.

Le FRAC exprime sa compassion aux familles éplorées et exprime son plein soutien et son entière solidarité à l’Eglise catholique, à la communauté catholique et à toutes les victimes des actes de violence perpétrés par les forces de sécurités ainsi que les milices du RPT manipulées et instrumentalisées par le gouvernement togolais et par le chef suprême des armées. Il souhaite prompt rétablissement aux blessés.

Le FRAC appelle les populations à redoubler de vigilance, à ne pas céder à la peur et à être à l’écoute des mots d’ordre de mobilisation, pour mettre fin à l’arbitraire, à l’impunité et à la situation de non-droit qui règnent au Togo.

Fait à Lomé, le 29 juin 2012

Pour le FRAC,

Le Président de l’ADDI

Aimé Tchabouré GOGUE


Vous avez dit

1    2012-06-30 00:13:14   Gobie

  • Du courage. Surtout restez uni pour l assaut final

2    2012-07-02 19:19:26   noulagnon

  • lu pour vous

    TOGO : La redoutable chienlit face aux revendications populaires L’intervention conjointe de la police et la gendarmerie entretient la confusion

    TOGO - LOME LE 2JUILLET 2012 © koaci.com - Le Ministre Djibril Bassolé peut en toucher mot au Président du Faso Blaise Compaoré, infatigable médiateur dans la lancinante crise togolaise. De passage à Lomé, le Ministre burkinabè des Affaires Etrangères a eu l’occasion de prendre le pool de l’inextricable conduite du pouvoir face aux revendications du Collectif « Sauvons le Togo ».

    Alors que les militants de l’Union des Forces de Changement (UFC) conduits par Gilchrist Olympio, mènent librement leurs campagnes de sensibilisation à travers le pays dans la perspective des élections législatives et que ceux de l’Union pour le République (UNIR) battent campagne en faveur d’une massive adhésion des populations à la nouvelle formation politique de Faure Gnassingbé, ceux de l’opposition regroupés au sein du CST sont violemment empêchés par les forces de sécurité, de manifester voire même de tenir un meeting politique. Ni les rappels de la France encore moins une interpellation de l’Ambassadeur des USA au Togo, n’ont pour l’instant eu raison des caciques au pouvoir.

    Le dimanche 1er juillet 2012, alors qu’il était de passage à Lomé, le chef de la diplomatie burkinabè n’a pas réussi à faire entendre raison aux « sécurocrates » à qui Faure Gnassingbé laissent dérouler les méthodes fortes utilisées sous son feu père Gnassingbé Eyadéma, dans le but d’étouffer les aspirations populaires en faveur du respect des droits de l’homme, la bonne » gouvernance et la transparence des élections. Malgré les multiples démarches du Ministre Djibril Bassoulé y compris auprès du Premier ministre Gilbert Houngbo en vue d’obtenir la tenue d’un meeting du CST, les thuriféraires dans l’entourage de Faure Gnassingbé ont eu le dernier mot : la répression systématique. Dans les rangs des forces de sécurité déployés autour du stade où devrait se tenir le meeting du CST, deux positions s’affrontaient. Une favorable à l’encadrement pacifique de la manifestation et l’autre farouchement opposée. Deux officiers de la police, tenants des deux positions contraires, ont même failli en venir aux mains. « Il y a eu des empoignades entre le Capitaine Agbinga de la gendarmerie et un Commissaire de police devant nous sur la conduite à tenir. Le Capitaine Agbinga criait comme un fou, je vais vous charger, je vais vous charger », a témoigné Abass Kaboua (RMC). Contacté par Me Zeus Ajavon, le Ministre de la Sécurité, le Col Dokissim Gnama-Latta a dit et répète que le meeting n’a pas fait l’objet d’une interdiction. Même son de cloche auprès du Premier ministre qui s’en est exprimé au Ministre Bassoulé. Qui donc ordonne sur fond e violences, cette entrave à cette liberté fondamentale en démocratie ?

    Déjà la veille, des indiscrétions parvenues au CST alléguaient une décision d’empêchement du meeting, prise à l’issue d’une réunion où la position des caciques dont le Col Massina Yotroféï, D.G de l’Agence Nationale de Renseignement (ANR) cité dans le rapport de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) sur la torture, l’a emportée. « Aujourd’hui, avec le téléphone portable, on assiste à un phénomène de plusieurs centres de commandement à l’occasion de ces manifestations. Il arrive que certains officiers passent outre leur collègue qui dirige les opérations pour donner directement des ordres à des subalternes qui leur donnent de fausses informations », a déploré l’ancien officier des FAT, Gerry Tama, aujourd’hui leader d’une nouvelle formation politique. Le Lt Tama formé entre autre au célèbre centre Saint Syr en France, a, citant l’article 21 de la Constitution togolaise, expliqué que les éléments qui assurent les opérations de maintien d’ordre pourraient être personnellement tenus responsables de l’exécution d’ordres manifestement illégaux. « Il y a aujourd’hui ce que nous appelons le principe de la baïonnette intelligente à t-il précisé.

    Le pouvoir durcit sa position

    Face à la forte adhésion aux revendications du CST, dans l’entourage du Chef de l’Etat, deux écoles s’affrontent sur la nécessité d’ouvrir un dialogue franc avec l’opposition. Face aux tenants de la position du dialogue dont le Ministre de l’Administration territoriale Pascal Bodjona se fait le chantre, s’oppose un groupe nébuleux composé d’une catégorie d’officiers supérieurs, de nouveaux riches dans l’entourage du Chef de l’Etat ainsi que des transfuges de l’opposition. Ce groupe entend tout mettre en œuvre pour assurer un nouveau passage en force électoral à Faure Gnassingbé, quitte à user de méthodes de terreur et l’instrumentalisation de la justice à leurs fins.

    Ce lundi au lendemain de la répression du meeting programmé par le CST, ses trois premiers responsables Maîtres Zeus Ajavon, Raphaël Kpanté-Adzaré et Jil-Benoît Afangbédji ont été convoqués par le Doyen des juges d’instruction. Avocat à la CPI, le troisième en déplacement dans le cadre de ses missions était absent ce matin. Les deux autres assistés par leurs confrères dont ceux désignés par le Barreau de Lomé, ont été inculpés pour « complicité de violences volontaires, dégradation et destruction des biens ». Les anciens avocats dont des spécialistes du droit pénal comme Maîtres Dovi Ahlonko, Agbahé, Amégandjin ou encore l’actuel Bâtonnier de l’Ordre des Avocats ainsi que Me Lawson-Banku Rustico qui assistent leurs confrères poursuivis dan cette affaire ont demandé et obtenu le report du procès au mercredi 04 juillet 2012.

    Le Collectif appelle de son coté à un meeting toujours au Stade Béniglato le jeudi 05 juillet 2012.

    Aghu,KOACI.COM LOME ; copyright © koaci.com



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