Société26 juillet 2012 Tavio Amorin, un destin accidentéVingt ans déjà qu’il fut assassiné. Tavio Amorin était pourtant l’espoir retrouvé d’une jeunesse togolaise trop longtemps opprimée, abandonnée à elle-même. Précoce en politique, le leader et Premier Secrétaire du Parti Socialiste Panafricain (PSP) avait parcouru le monde à la manière d’une étoile filante. Il a été assassiné parce que voulant inventer un nouveau futur pour son pays, le Togo. Agressé le 23 juillet 1992 au quartier Tokoin –Gbonvié, il succomba à ses blessures trois jours plus tard à Paris. Il était l’un des délégués les plus en vue en juillet- août 1991 lors des travaux de la Conférence Nationale Souveraine. Respecté, adulé pour son intelligence et son franc-parler, Tavio Amorin avait pour credo ; le combat d’idées et l’usage des mots pour vaincre les maux. Il voulait aussi tourner le dos aux vieilles formules et donner de l’espoir à ses compatriotes, à la jeunesse qui se retrouvait en lui.
Tavio Amorin à la Salle Fazao (Image d’archives) Il était à l’époque le Président de la Commission des Affaires politiques, des libertés et des Droits de l’Homme du Haut Conseil de la République (HCR) –Parlement de la transition. En cette nuit tombante du jeudi 23 juillet 1992, Tavio Amorin sortait d’une réunion du Collectif de l’Opposition Togolaise (COD2) au sein de laquelle, il assumait le poste de Secrétaire général. Après une journée de travail bien remplie, il choisit d’aller rendre visite à une parente à Tokoin-Gbonvié dans la partie Nord de la Ville de Lomé. Tombé dans un guet–apens à lui tendu ; deux sinistres individus tapis dans l’ombre, l’interpellent avant de tirer à bout portant sur lui. Tavio Amorin est blessé mortellement à l’abdomen et à la jambe alors que quittant les lieux, ses deux agresseurs, ont involontairement signé leur crime par un ensemble d’armes et de munitions retrouvé sur les lieux notamment un pistolet de calibre 9mm N° B85502 de fabrication française, un revolver Smith &Wesson 357 magnum N° de barillet 92143692 avec son étui AJZ5370 modèle 2C 7566, des accessoires, des grenades, une paire de menottes et une carte professionnelle au nom de Kossi Karéwé, Gardien de la paix né en 1967 à Pya dans la Kozah. L’autre est le Sous-Brigadier Yodolou Boukpessi. Un précurseur fauché dans la fleur de l’âge Le leader du PSP avait été admis au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Lomé-Tokoin rebaptisé désormais CHU Sylvanus Olympio. Son état devenant critique, il sera évacué par avion sanitaire à l’hôpital sanitaire Saint –Antoine de Paris. En dépit des balles reçues le 23 juillet 1992, il pouvait avait –on dit ; en sortir vivant. L’équipe médicale affectée à son chevet à Paris s’étant aperçue de la bonne qualité des soins à lui administrés à Lomé. Une analyse médicale plus poussée alla toutefois déceler au niveau de la cage thoracique ; la présence d’une lésion consécutive à une arme blanche. Des détails, on n’en saura pas plus. Mais la preuve que le précoce en politique que fut Tavio Amorin aurait succombé à plusieurs assassinats…. Il n’a jamais exercé le pouvoir politique. D’écoles, d’usines, de dispensaire ou d’infrastructures routières, le leader du PSP n’en a pas fait construire, mais grâce à son militantisme, Tavio Amorin avait tout de même contribué à une prise de conscience. Grand admirateur de Francis Nwia Kofi Ngonloma ( Kwame Nkrumah, leader indépendantiste et premier président du Ghana indépendant ; et un auto-formé en bibliothèque en plus de ses fréquentations des milieux communistes et socialistes alors qu’il était étudiant en France, il fut inhumé le 20 août 1992 au cimetière de la Plage à Lomé.
Les obsèques du leader du PSP à Lomé ( Ph Ekoué S. ) Et un crime toujours impuni Tavio Amorin a été assassiné pour avoir rêvé et préconisé des chances égales à la culture, aux emplois pour tous au Togo. Combattant et assoiffé de liberté et de démocratie, il voulait réduire également l’asservissement du peuple. Vingt ans après et malgré les indices laissés sur les lieux du forfait par ses agresseurs, ceux-ci n’ont jamais été inquiétés. Aucune suite n’est donnée à ce jour à la plainte déposée par la famille éplorée auprès des tribunaux. L’assassinat du jeune leader panafricaniste reste ainsi non –élucidé. La preuve même que l’impunité court toujours les rues au Togo. Et que les valeurs qu’avait défendues Tavio Amorin restent plus que jamais foulées au pied. Tout est en ordre de marche autour de nous, dans les pays voisins, alors que nous continuons chez nous à faire du surplace. © Copyright Ekoué Satchivi
1 2012-07-28 21:44:57 niccolo
2 2012-07-30 22:10:13 Lèguèdè
3 2012-07-31 20:43:48 Lèguèdè
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A propos de l'auteurEkoué Satchivi |
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